Jean-Baptiste Maisonneuve : Un pilote pour le Beaujolais

Jean-Baptiste Maisonneuve : Un pilote pour le Beaujolais

Le directeur général des Autocars Maisonneuve voue une passion à son métier. Fidèle à l'entreprise familiale, il s'investit pour sa modernisation et défend l'image du transport de voyageurs. Attaché à son territoire du Beaujolais, il s'implique au seinde la CCI pour soutenir l'économie locale. Claire Pourprix

Aucune place ne lui était réservée dans l'entreprise de Belleville. Mais à l'issue de ses études, en 1999, Jean-Baptiste Maisonneuve a préféré s'engager dans l'entreprise familiale plutôt que chez un autre transporteur. «Cela m'a semblé naturel», explique simplement le jeune directeur général. Pourtant, il n'y avait jamais travaillé, ni en stage ni en job d'été. «Mon père et mon oncle, qui avaient pris la succession de mon grand-père, fondateur de l'entreprise en 1962, ne voulaient pas que les enfants fassent d'amalgame. Ceux qui voudraient rejoindre l'entreprise le feraient vraiment par choix.» Au préalable, il avait fait son apprentissage en alternance au sein des cars Lacroix, dans le Val-d'Oise, une entreprise de taille comparable aux Autocars Maisonneuve. Et pu observer l'arrivée de la fille du dirigeant et de son mari ainsi que les réactions des autres collaborateurs... «Au début je me suis senti observé de près», se souvient-il. Mais sur la durée, avec des résultats à la clé, Jean-Baptiste Maisonneuve a légitimement pris sa place. Son jeune âge ne l'a ni avantagé, ni desservi: le contact facile avec toutes les générations, la maîtrise de son métier, le port naturel du costume-cravate et les tempes grisonnantes ont sans doute joué en sa faveur.




Concentration de l'activité

Directeur général depuis 2005, aux côtés de son père, Jean-Paul, et de son oncle, Daniel, il a rapidement impulsé un nouvel élan à l'entreprise. L'activité transport de marchandises, qu'il avait découverte en stage chez Norbert Dentressangle et peu appréciée, a été cédée, après filialisation. De même pour l'activité agence de voyage. Le but: se concentrer sur le transport de voyageurs, alors que ce métier connaissait un tournant. «Avec l'arrivée de l'informatique, le métier a connu des changements importants. Nous avons connu une forte concentration des entreprises restantes.» Les Autocars Maisonneuve ont ainsi été parmi les premiers en Rhône-Alpes à s'équiper de géolocalisation des véhicules, dès 2005. Après plusieurs vagues de croissance externe, au début des années 80 puis au milieu des années 90, l'entreprise a à nouveau racheté des confrères: Dynamique tourisme, dans la Loire, en 2006, puis les Autocars Fontana, à Brignais, en 2007.




Au coeur des bassins

«Nous avons aujourd'hui la taille suffisante pour être présents sur plusieurs départements: l'Ain, le Rhône, la Loire et la Saône-et-Loire», précise le dirigeant, qui n'exclut pas d'autres acquisitions si des opportunités se présentaient. De son regard bleu acier transparaît son goût pour le monde économique et le management de son entreprise de 300 personnes. Sa stratégie de développement semble limpide: «Nous avons la chance d'être au bon endroit, au bon moment. Il y a quinze ans, nous avons connu un important développement urbain entre Lyon et Villefranche. Aujourd'hui, les bassins de vie se développent fortement sur le Val de Saône, le Beaujolais et autour de Saint-Étienne. Là où nous sommes présents.»




Valeurs familiales

Avec une flotte de 230 autocars, l'entreprise réalise un chiffre d'affaires de 20M€, répartis entre le transport scolaire (50% de l'activité), les lignes régulières (25%) et le tourisme par autocar (25%). Jean-Baptiste Maisonneuve veille à préserver l'esprit de la PME familiale. Ainsi, plutôt que de construire de nouveaux sites d'exploitation, et de se disperser géographiquement, il a préféré renouveler ses cinq sites existants, à Belleville, L'Arbresle (déménagé récemment à Sain-Bel), Mornant, Mâcon et Feurs. Pour lui, les Autocars Maisonneuve sont avant tout l'histoire de ses collaborateurs, dont certains y travaillent depuis plus de 30 ans. «Le dialogue social, les échanges avec l'exigence de la qualité sont essentiels.»