Société de l’économie sociale et solidaire, lauréate de Réseau Entreprendre Côte d’Azur, Life Bloom Academy vient de lancer des stages en entreprise d’un tout nouveau genre, de quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’une semaine durant laquelle l’entreprise reçoit les enfants de ses salariés. Et moi, je les accompagne, ayant connu le monde de l’entreprise et celui de l’éducation. Avant de diriger Life Bloom Academy (CA 2023: 350 000 euros), j’ai travaillé à La Redoute, au sein du groupe Mulliez et de l’Edhec Business School, une grande école de commerce où je me suis formée aux techniques de facilitation en intelligence collective. Au cours de ce stage, les enfants des salariés découvrent donc l’entreprise de leurs parents. Je les fais réfléchir sur ce qu’est une entreprise, à quoi elle sert. On rencontre le dirigeant qui nous renseigne sur l’âme, les missions, l’esprit de la société. Au fur et à mesure, on visite les différents services, on découvre les différents métiers. En parallèle, je fais travailler les enfants sur un projet pour l’entreprise.
Quel a été ce projet que les enfants ont élaboré chez Ragni, fabricant d’éclairage public, où vous avez organisé ces premiers stages ?
Nous sommes partis de "l’éclairage raisonné" (système d’éclairage dont le principal objectif est le maintien d’un certain niveau de confort et de sécurité pour les humains tout en veillant à la préservation des écosystèmes pendant le cycle de vie du produit, NDLR). Nous avons formalisé la question sur laquelle nous avons travaillé avec les enfants : Comment transformer l’éclairage de la ville pour rendre la vie nocturne plus belle et plus rassurante, sans perturber la biodiversité ? Ils ont appris à coopérer pour élaborer ensemble des solutions. Ils ont rencontré la responsable du développement durable, la directrice générale. À la fin de la semaine, ils ont pitché devant une salle pleine, devant leurs parents, la direction, les salariés. Tout cela est très concret.
Je trouve que c’est une vraie belle proposition de valeur pour l’entreprise qui permet de rapprocher les collaborateurs de leur entreprise, de créer de la fierté. En même temps, on rend l’entreprise concrète pour les enfants et on suscite peut-être des vocations.
Ragni est connue pour être une entreprise profondément engagée dans la RSE, dans le bien-être de ses salariés mais tout type d’entreprise peut accueillir ces stages ?
Chez Ragni, 11 enfants, entre 8 et 15 ans, ont participé au stage. À partir de 6 enfants, on peut créer un stage, du travail de groupe. Cela peut se faire dans tout secteur. L’entreprise finance le stage, ce qui permet de donner des bourses de scolarité au sein de Life Bloom Academy pour les jeunes dont les parents n’ont les moyens de payer.
C’est aussi ce que vous proposez, en termes d’apprentissage et de méthode, au sein de Life Bloom Academy ?
Quand j’ai créé l’école, j’étais très intéressée par les compétences du XXIe siècle, c’est-à-dire ces savoir-être utiles à l’ère des robots : la créativité, la coopération, l’intelligence collective, l’éloquence, la capacité à penser "out of the box" (différemment, selon une perspective nouvelle, NDLR)…. Tout ça, ce sont des compétences humaines, pas celles des robots. L’ambition depuis le début est de montrer qu’un autre système éducatif est possible pour faire émerger de jeunes citoyens éclairés.
Combien comptez-vous d’élèves à ce jour ?
Au collège-lycée, nous avons 41 élèves et 8 professeurs. Nous accueillons aussi entre 200 et 300 enfants et adolescents par an en périscolaire. Les activités scolaires permettent de financer des bourses de scolarité privées.
Nos statuts sont plus poussés encore que ceux d’une entreprise à mission, nous sommes une entreprise sociale et solidaire. Notre objectif principal, ce n’est pas de faire du bénéfice.