Faire pour apprendre. Voilà le fil rouge de la pédagogie dispensée dans l’école de production Je fabrique mon avenir, qui s’est installée dans les murs du Campus Sud des métiers, à Nice.
71 écoles de production en France, 5 en Région Sud
Il existe 71 écoles de production en France. Elles ont leur propre fédération et forment à la chaudronnerie, à la confection textile, à la broderie, des paysagistes, des menuisiers ou encore des cuisiniers.
En Région Sud, on dénombre cinq écoles, dont trois portées par l’UIMM Sud, l’Union des Métiers de la Métallurgie. Celle de Nice a ouvert ses portes en septembre dernier et vient d’être inaugurée. Dans son atelier de 320 m2, elle forme aux métiers de l’électricité. Les deux écoles autres sont situées à Istres (Bouches-du-Rhône) et à la Seyne-sur-Mer (Var).
Des CAP pour des jeunes de 15 à 17 ans
L’école niçoise forme durant deux ans des jeunes âgés de 15 à 17 ans. "Elle peut accueillir les meilleurs comme les moins bons, les femmes, les hommes, les personnes à mobilité réduite, les jeunes en déshérence, ceux qui ne veulent plus aller à l’école… On leur apprend un métier et ils sortent avec un CAP", explique Marcel Ragni, président de l’UIMM Côte d’Azur.
Les jeunes sont "souvent déscolarisés. L’école leur offre une seconde chance", souligne Jean-Pierre Dos Santos, président de l’École de production Je fabrique mon avenir et directeur général du pôle Formation UIMM Sud.
Les entreprises locales passent commande
Pour les jeunes, cette seconde chance est gratuite. Le projet est financé par la Région Sud, l’État, la taxe d’apprentissage, et avec le soutien de la Fondation TotalEnergies, la CCI Nice Côte d’Azur et des entreprises. Spécificité du modèle économique et de la philosophie de l’école : les entreprises passent commandes au centre de formation. Cela permet aux jeunes de travailler sur de la matière très concrète, les produits fabriqués au sein de l’école étant ensuite commercialisés. À Nice, quatre entreprises locales ont ainsi contracté des partenariats avec l’école.
Parmi elles, Aluminor a confié à l’école du montage de lampes de bureau, le groupe Ragni de la création de câblage et Résistex du câblage de luminaire et du recyclage de luminaires usagés. "Nous allons nous appuyer sur l’école en matière d’économie circulaire, précise son dirigeant, Bernard Alfandari. D’un côté, les jeunes pourront travailler sur des nouveaux produits et, d’un autre côté, cela nous aide à remplir nos objectifs de recyclage. C’est gagnant-gagnant. Et cela correspond à nos valeurs d’insertion et de formation."
"Nous avons besoin du soutien des chefs d’entreprise pour passer des petites commandes à l’école"
Ce mode de fonctionnement permet aussi à l’école de vivre. "Nous avons besoin du soutien des chefs d’entreprise, et pas que ceux de la métallurgie. Elle n’a besoin que de 20 000 à 30 000 euros de commandes par an pour vivre", indique Marcel Ragni.
Projet d’école à Avignon
Les jeunes formés seront les salariés de demain des entreprises. Et si la conjoncture a tendance à ralentir l’activité, les besoins sont là. "Nous voulons montrer à ces jeunes que leurs compétences sont recherchées et qu’une fois sortis de la formation, le travail est là", assure Olivier Lenci, directeur de l’École de production de Nice.
Dans cette première promotion niçoise, ils étaient 16 garçons au départ. Deux ont trouvé un emploi après seulement six mois de formation, quatre autres ont abandonné en route. Objectif à la rentrée prochaine, en former 30.
Une 4e École de production "Je fabrique mon avenir" devrait voir le jour dans le Vaucluse, à Avignon. Elle formera aux métiers de la chaudronnerie et du soudage.