« J'ai fondé la société Hilltecks Distribution en 2009, avec la volonté de proposer un vélo à assistance électrique pour moins de 1.000 euros. J'ai rapidement rencontré les représentants d'usines asiatiques, qui étaient très bien positionnées sur ce marché. En Chine, par exemple, on roule en vélo électrique depuis plus de vingt ans ! Leur savoir-faire est réel. Si on leur fournit un vrai cahier des charges, la qualité est au rendez-vous. Jusqu'en 2011, nous avons donc fait construire nos différentes gammes de vélos par deux fournisseurs, le Taïwanais Power Kat et le Chinois Xinglong Bicycle. Dès l'origine, nos relations ont été basées sur la confiance. Notre entreprise se développant, nous avons souhaité passer à une autre étape, incluant davantage de R & D. Pour cela, il nous fallait des financements. Nous avons donc proposé à notre fournisseur chinois de s'associer avec nous sur la conception de produits innovants. Et il a accepté ».
Une joint-venture
« L'association avec Xinglong Bicycle a été officialisée en juin 2012 sous la forme d'une joint-venture. Depuis, nous avons développé ensemble un capteur de force novateur dont nous avons équipé notre gamme Inovelo. Notre partenariat est simple : Xinglong Bicycle finance et développe la R & D, tandis que nous la cogérons depuis Marseille. Nous offrons par ailleurs à notre partenaire notre implantation et notre connaissance du marché européen. Aujourd'hui, nous sommes en discussion pour construire ensemble, d'ici à la fin de l'année, une nouvelle unité multimarques d'assemblage de vélos électriques, mais cette fois-ci en Paca. Nous sommes actuellement en phase d'argumentation. Notre partenaire a en effet un peu peur des mouvements sociaux, et surtout, du coût du travail. Il est vrai que, sur ce plan, produire ici reviendrait 18 % plus cher que d'importer depuis la Chine. Mais le consommateur est prêt à payer 20 % de plus pour du "made in France"...».
Une usine en fin d'année ?
« Créer une unité d'assemblage dans la région après avoir longtemps importé les vélos de Chine pourrait sembler paradoxal. Pourtant, cela présenterait plusieurs avantages. De la flexibilité au niveau du temps entre la commande et la livraison, tout d'abord. Et il y a aussi la question de la variation des devises, qui nous désavantagerait moins. Sans oublier, bien sûr, la connotation "made in France", qui fonctionne très bien à l'international. Alors, évidemment, si on fabrique ici, on ne fabrique plus en Chine... Mais notre partenaire, qui va investir financièrement dans le projet, y gagnera tout de même. Car depuis quelques années, les usines européennes de vélos traditionnels se sont mises à l'électrique et la taxe antidumping pourrait décourager, demain, d'importer depuis la Chine. Par conséquent, au lieu de perdre le marché, les Chinois ont tout intérêt à mettre un pied en Europe ».
Hilltecks Distribution
Marseille Shakir Bader 5 salariés - CA : 1 M€ 04 91 80 25 25 www.hilltecks.com