«Le projet d'Amikana est né en 2005. J'étais chercheur au CNRS et nous avons travaillé à partir d'un développement interne sur une technologie visant à analyser la résistance des patients aux médicaments contre le VIH. Nous aidons l'industrie pharmaceutique à créer des médicaments qui entraîneront le moins de résistance possible. Notre projet a été incubé au sein d'Impulse à Château-Gombert et nous avons emporté de nombreux concours liés à la création d'entreprises. Nous avons ainsi pu vivre pendant deux années grâce au soutien de l'université, du CNRS et au crédit impôt recherche. Début 2009, j'ai compris que si nous souhaitions aller plus loin, nous avions réellement besoin d'une augmentation de capital. Notre objectif est de vendre des services, et des kits diagnostics pour l'analyse de la résistance aux médicaments sous forme de licence. La validation clinique de notre premier produit, ciblant la résistance aux médicaments anti-VIH, sera achevée à l'été 2011. Je suis alors entré en contact avec des fonds d'investissements, mais ils m'ont rapidement fait comprendre que ma démarche intervenait trop tôt. Ils avaient besoin de plus de certitude et de la réussite de la validation clinique de notre concept. Les fonds d'amorçage m'ont tenu le même discours et certains business angels régionaux également. Il est très difficile de financer de la recherche et développement. J'étais plutôt en colère. Pour moi, un gouffre s'est créé dans le mode de financement des start-up. Les soutiens existants ne misent que dans des entreprises qui ont déjà une activité et des chiffres d'affaires. Nous essayons vainement de copier le modèle des start-up des années 1980 alors que nous sommes en 2011».
Un jeu de domino
«À l'été 2009, j'ai participé à une réunion où j'ai fait part de mon désarroi et c'est ainsi que je suis entré en contact avec Alumni Entreprendre, association de business angels basée à Aix-en-Provence. En septembre, je présentais mon projet en séance plénière et j'ai été accompagné par deux parrains qui ont validé mon projet en avril2010. Mais la puissance économique d'un club de business angels demeure limitée. Je souhaitais lever 500.000 € et Alumni Entreprendre ne me proposait que 100.000 €. En revanche, leur engagement a permis ensuite de déclencher d'autres financements, dont notamment CAAP Création (Crédit Agricole) qui nous a apporté un prêt participatif. En matière de financement, nous sommes face à un jeu de domino. Chaque intervenant attend que l'autre fasse le premier pas. Il y a eu de longues tractations et finalement, en septembre, l'accord d'Alumni Entreprendre nous a permis de boucler notre levée de 440.000 €, auprès notamment de Primaveris, d'Oséo et de personnes physiques. Au-delà des somme d'argent, nous profitons également d'un accompagnement bénéfique. Les fondateurs de l'entreprise n'ont cédé qu'un pourcentage tout à fait cohérent du capital... »
Amikana Biologics
Marseille Pablo Gluschankof Effectif: 4 personnes 04 91 32 46 40 www.amkbiol.com