«En 1989, j'étais là lors de la création de la société Intersystèmes, à Beaucouzé. C'était le début de notre spécialité: la fabrication d'outillages de test pour l'électronique (NDLR: le test d'un système ou d'une carte électronique permet de mesurer la qualité et la fiabilité des produits et donc de valider l'ensemble de la chaîne de production). Il y avait deux gros donneurs d'ordres: Bull et Thomson. À partir de 2003, l'entreprise a connu des difficultés. Elle a été placée en redressement judiciaire en mai2010. Un tiers de l'effectif a subi un licenciement économique. Nous n'étions plus qu'une dizaine de personnes. Six mois plus tard, la liquidation a été prononcée. Selon moi, il était possible de redémarrer une activité. J'étais chargé d'affaires, donc en lien direct avec des clients. Il y avait un réel besoin. On a monté un business plan avec mon associé, Patrick Baritheau. Notre société, Intertestco, a été créée le 2février 2011. Nous avons démarré à quatre associés, tous anciens salariés d'Intersystèmes, avec Lucette Brunet et Fabrice Blot. Je suis l'actionnaire majoritaire. Nous nous connaissons depuis longtemps, puisque nous travaillons ensemble depuis sept à quinze ans. Nous sommes tous les quatre sur un domaine d'activité différent: étude et commercial, production, usinage et câblage. Les compétences complémentaires sont obligatoires dans la mesure où nous sommes dans un métier très complexe, dans une niche de l'électronique. Une seule personne ne peut pas tout savoir. Nous faisons de l'outillage de test pour l'électronique, comme chez Intersystèmes, mais en amenant de l'innovation au client. Dans l'électronique, il y a un avenir dans tout ce qui est pointu. Nous avons redémarré directement avec les grands comptes.
Le recul nécessaire
Nous louons un bâtiment d'Angers Loire développement de 300m². Nous avons investi 30.000€ pour l'adapter. Nous avons récupéré 80% des machines d'Intersystèmes. Tout le matériel a été racheté à la vente aux enchères sur saisie, sans quoi nous n'aurions pas pu redémarrer puisque la principale machine coûte 1,5million d'euros. L'aide de 30.000 € d'Anjou initiative création, incluant prêts d'honneur et prêts bancaires associés, a été cruciale. La Région nous a aussi soutenus à hauteur de 6.000€. Nous avons réalisé 400.000 € de chiffre d'affaires au cours des neuf premiers mois. Nous sommes actuellement cinq personnes, une sixième arrive en juin. Notre objectif est d'être huit ou neuf d'ici à trois ans et de réaliser 800.000€ de chiffre d'affaires. À 52 ans, je me retrouve à la tête d'une entreprise. Je ne suis pas sûr que j'aurais eu le recul nécessaire, par rapport à la réussite et à l'échec, pour le faire plus tôt.»
Intertestco
(Montreuil-Juigné) 5 personnes CA: 400.000 € au cours des neuf premiers mois Tél.: 0241188597 www.intertestco.fr
Son défi Malgré la liquidation de l'entreprise qui l'employait, Serge Caruso a cru au potentiel de l'activité. Il a créé sa société, Intertestco, avec trois autres ex-salariés.