Qu’est-ce qui vous a amené à la création de Maaé ?
À la base, j’ai une formation de comptabilité et gestion. Pendant mes cours d’impôt sur le revenu, je me suis rendu compte que c’était très compliqué, et me suis demandé comment faisaient ceux qui n’avaient justement pas de formation en la matière. Un tiers des Français se dit atteint de phobie administrative. Conséquence : plus de dix milliards d’euros d’aides sociales ne seraient pas réclamés par leurs bénéficiaires chaque année en France. Après mes études, j’ai passé un an dans un cabinet d’expertise, ce qui n’a fait que confirmer ce que je pensais concernant les démarches administratives. Mes parents, entrepreneurs, m’ont poussée à me lancer.
En quoi l'application Maaé consiste-t-elle ?
L’idée était de simplifier les démarches administratives, mais je voulais quelque chose de ludique et magnifique. Ainsi sont nés le petit personnage et l’univers qui va avec : il s’agit de Maaé qui guide l’utilisateur via différentes planètes. Elle indique à quelle aide on a droit ou permet de connaître les dates limites pour lesquelles il faut réaliser telle ou telle démarche. Cela permet à la fois de gagner du pouvoir d’achat et du temps.
Une jeune maman par exemple va pouvoir savoir, grâce à un simulateur, le montant de l’allocation qu’elle pourrait recevoir si elle prend un congé parental. Elle reçoit ensuite le formulaire CERFA automatisé. Le but est, à terme, de pouvoir l’envoyer directement. Le chatbot la renseigne.
Quand les démarches seront bien réalisées, les utilisateurs pourront recevoir des codes promotionnels venant de partenaires en fonction de leur profil. La jeune maman recevra ainsi des réductions pour des couches pour bébé.
À qui cette plateforme s’adresse-t-elle ?
L’objectif est d’aider les particuliers et, dans un premier temps, en mettant cela à disposition des entreprises et des collectivités afin qu’ils l’offrent à leurs salariés. Je ne pense pas que le grand public paierait pour ce service car l’accès à l’information est gratuit. En revanche, elle n’est ni centralisée ni simplifiée, et c’est précisément ce que propose Maaé.
Comment avez-vous financé la création de Maaé ?
J’ai pu réunir 100 000 euros de "love money" ce qui a permis de financer le développement, les frais d’avocat, l’expert sécurité et IA… Et j’ai reçu 30 000 euros de la Bourse French Tech de Bpifrance.
À quel stade en êtes-vous ?
La société a été créée en août 2024 et nous sommes actuellement en phase de développement. L’objectif est que la plateforme soit opérationnelle en septembre.
Nous sommes déjà en discussion avec des collectivités comme les Villes de Montpellier, Cannes, Mougins et le Département de l’Hérault. Et elle sera testée à partir du mois de septembre dans la ville de Mandelieu.
L’objectif est de pouvoir compter sur 5 collectivités d’ici la fin 2025.