J.-F : Roubaud : «Les banques doivent soutenir les TPE»

J.-F : Roubaud : «Les banques doivent soutenir les TPE»

Réélu avec 99% des voix à la présidence de la CGPME, Jean-François Roubaud a imposé son style ferme et serein comme avocat et lobbyiste des TPE et PME, face aux pouvoirs publics et aux syndicats.






Votre brillante réélection à la tête de la CGPME contraste avec les soucis que rencontre votre homologue du Medef.

C'est difficile d'analyser cela, mais ce qui est sûr c'est qu'il y a eu une grande sérénité dans cette élection. Au bout de 7 ans et demi de mandat, je trouve que les résultats du vote sont agréables.


Cela permet-il à la CGPME d'être plus forte?

On ne peut pas être présent d'une manière forte s'il n'y a pas une cohésion dans l'organisation. Une équipe qui gagne ce n'est pas simplement une personne. Le fait qu'il y ait une harmonie en interne fait que nous parlons au nom de toutes les entreprises que nous représentons.


Quelle est votre consigne vis-à-vis des unions patronales qui existent dans certaines régions et des élections aux CCI? CGPME seule ou listes communes?

Sur les Unions patronales qui restent nous avons demandé à ce que chacun se situe, Medef ou CGPME. Il reste quelques régions comme PACA où les Unions patronales assurent le ?back-office? de nos organisations. Alors, quand ça se passe bien, on les conserve. Mais globalement on essaye d'avoir notre indépendance.


Et pour les CCI, listes communes ou séparées?

Nous essaierons d'augmenter notre présence dans les chambres de commerce, parce que nous avons besoin que des chefs d'entreprises nous représentent dans ces instances. Pour ce qui est des listes cela va dépendre des territoires. J'essaie de donner des lignes directrices mais en laissant les présidents sur le terrain juger quelle est la bonne stratégie.


Globalement, la politique gouvernementale vous paraît-elle aller dans le sens des entreprises?

Oui je crois que depuis deux ans et demi il y a une vraie volonté de changement, d'aider les PME avec un certain réalisme.


Vous avez pourtant réagi face à la création de certaines taxes.

Oui. Sur la taxe pour le handicap on a obtenu 6 mois de report de cette décision pour les entreprises de 20 à 50 salariés. C'est un peu la même chose pour la taxe seniors, très compliquée. Nous avons demandé trois mois de plus pour avoir le temps de mettre les choses en place. Sinon le couperet est sévère. Nous ne remettons pas en cause le fond, nous donnons du temps à l'entreprise de se mettre au courant.


Autre négociation, plus rude celle-là sur le dialogue social dans les TPE...

Là je suis clairement contre. S'il y a un dialogue social qui se passe le moins mal en France c'est bien dans ce type d'entreprises. Il n'y a pas de gros conflits, pas de séquestrations. C'est logique d'ailleurs parce qu'il y a un contact quotidien entre le chef d'entreprise et les salariés. Pourquoi installer un système, utile dans les grandes entreprises, mais trop lourd dans les TPE?


Vous êtes intervenu à plusieurs reprises en demandant aux banques d'assurer du crédit et de la trésorerie aux entreprises. Pourtant beaucoup de chefs d'entreprises estiment aujourd'hui que les relations sont plutôt correctes avec leur banque?

Il faut nuancer tout cela. Globalement, une grande majorité de chefs d'entreprise ont effectivement de bonnes relations avec leur banque, mais il faut bien parler de celles qui ont des difficultés. Presque toujours ce sont les petites entreprises. Souvent parce qu'elles n'ont pas l'habitude du dialogue avec le banquier, vers qui elles vont au dernier moment. Les banques ont été aidées il y a un an et demi par l'État, il faut maintenant qu'elles témoignent de leur rôle social vis-à-vis des TPE. Je dois souligner qu'à la différence de ce qui se passait auparavant, j'ai la satisfaction de pouvoir dialoguer avec les représentants des banques. Moi je connais les problèmes des toutes petites entreprises; celles à qui il manque 5.000 ou 10.000euros pour faire la paye à la fin du mois. Je dis que ce n'est pas possible de laisser tomber une entreprise et ses 5, 6 ou 7 emplois pour une telle somme. Et les mois à venir vont être très difficiles pour ces petites entreprises.