Donner une seconde vie aux supports publicitaires. C’est l’ambition portée par la Manufacture française du surcyclage (MFS). Cofondée par les sociétés stéphanoises 909 Upcycling — qui fabrique des vêtements et accessoires à partir de toiles de tente — et Ptitcul, la marque de coussins outdoor et accessoires réalisés à partir de matériaux revalorisés, lancée par Cécile Bayard, MFS entend proposer une alternative à l’enfouissement de centaines de milliers de tonnes de déchets de bâches publicitaires, kakémonos et autres supports événementiels produits chaque année en France.
Comment ? En récupérant la matière première de ces déchets majoritairement issus de la PLV (publicité sur lieu de vente ; 100 000 tonnes de déchets produits par an selon une enquête Iconomédia de 2023) mais aussi de tissus techniques en fin de vie pour "créer de nouveaux objets porteurs de sens et alignés avec les engagements RSE des entreprises", explique Cécile Bayard.
Une démarche d’économie circulaire
Reposant sur un modèle économique en "boucle fermée", MFS a pour objectif d’accompagner "les entreprises, collectivités mais aussi les associations dans une démarche concrète d’économie circulaire en transformant leurs déchets en produits utilises, durables et fabriqués localement", développe la fondatrice de Ptitcul.
À partir des matériaux récupérés auprès de ses clients potentiels, MFS conçoit des housses d’ordinateur, des glacières, des sacs bananes, des housses de selles de vélo, des trousses de toilettes "ou tout autre produit sur-mesure, imaginé selon les besoins et les usages du client", assure Romain Coll, cofondateur avec Léo Moja de 909 Upcycling. "Dans un minimum de commandes de 10 objets", précise Cécile Bayard, chargée au sein du trio de la partie développement commerciale.
Deux premiers clients "avant même le lancement"
Testé il y a 6 mois avec le cabinet d’expertise-comptable ligérien Axens, pour qui 909 Upcycling a transformé 40 kakémonos (rendus obsolètes par un changement de logo) en 150 housses d’ordinateurs, le concept de surcyclage proposé par MFS a d’ores et déjà séduit deux clients. "Avant même le lancement officiel de MFS", se félicite Cécile Bayard.
Les clients en question sont la coopérative agricole de la tomme des 2 Savoies, "pour qui nous allons produire 150 glacières", confie la cofondatrice de MFS. Et le rhodanien Aoste, pour qui MFS devrait produire "entre 100 et 200 housses d’ordinateur à partir de leurs kakémonos", précise Romain Roll.
1 000 à 3 000 pièces sous six mois
La conception et la production de ses produits, comme l’ensemble des autres produits qui seront estampillés MFS, seront réalisées dans les ateliers de 909 Upcycling à Saint-Étienne par les quatre salariés permanents de la structure. "Nous avons la possibilité de faire appel à des couturières extérieures en cas de demandes ponctuelles sur des gros volumes", précise Léo Moja, qui ambitionne de réaliser "entre 1 000 et 3 000 pièces d’ici six mois" à partir des bâches, kakémonos et autres déchets récupérés auprès de ses futurs clients. Côté chiffre d’affaires, les trois associés sont pour l’instant prudents. "On démarre juste et on doit encore faire nos preuves", concluent-ils de concert.