Un centre de formation international aux applications spatiales se met en place à Toulouse. Dénommé ITSA (International training for space applications), il sera opérationnel dans un an. Son objectif: proposer des formations professionnelles non diplômantes, sur la scène nationale et internationale, aux différents métiers qui utilisent le potentiel des applications spatiales. Il s'appuiera sur les compétences issues de ses partenaires pédagogiques et industriels. L'ITSA ne naîtra officiellement qu'en juin, à l'occasion du Toulouse Space Show, mais il est en gestation depuis 2007. En effet, le DAS TVE (domaine d'activité stratégique Terre Vivante et Espace) du pôle Aerospace Valley a créé, il y a trois ans, un groupe de travail chargé d'échaffauder la structure. Jean-Claude Cazaux, le directeur de ce comité de pilotage, se souvient: «Nous avons fait un constat: le potentiel des applications spatiales est sous-utilisé par les prescripteurs et les utilisateurs, et cette sous-utilisation des moyens spatiaux est due à leur insuffisance de formation. Les acteurs régionaux des systèmes et des services spatiaux ont besoin de formations adaptées pour accompagner le développement de leurs offres, notamment à l'export. La France souffre d'une absence de centre de formation.»
Labellisé par Aerospace Valley
Le projet ITSA a été labellisé en octobre 2009 par le pôle de compétitivité. Il entre aujourd'hui dans sa deuxième phase de développement. Un accord-cadre va être signé entre ses différents partenaires. Ceux-ci se composent d'industriels (Astrium, Magellium, Spot Image...), d'écoles (Enac, ENSG, INPT, Isae, Université Paul-Sabatier...), d'institutionnels (Cnes, IGN, Météo France), de la CCI du Gers, etc.«Certains sont venus un peu par attentisme, pour voir, indique Jean-Claude Cazaux. Mais le cassoulet a l'air de prendre, et il sera bon !» Une fois les moyens humains et matériels clairement établis, la forme de la structure (« Peut-être une société anonyme ») et le modèle économique (« Nous ne devrons pas vivre que de subventions ») seront choisis. Autre chantier aujourd'hui en cours: la typologie de l'offre. « Nous prévoyons 40modules dans notre catalogue, confie-t-il. Nous proposerons également des stages à la demande. » Les domaines ciblés concernent l'ensemble des applications spatiales: l'observation de la Terre, la navigation, le positionnement et les télécommunications. Les offres visent des métiers utilisant ces technologies: les transports, l'urbanisme, le tourisme, l'agriculture, etc. « Il ne s'agit pas de les transformer en fabricants, seulement qu'ils sachent utiliser les outils. »
Des collectivités territoriales intéressées
Si l'ITSA s'adresse aux industries et PME-PMI, la Région, le Département, la communauté urbaine portent aussi un grand intérêt au projet «car ils veulent donner l'exemple, indique Jean-Claude Cazaux. Le ramassage des ordures ou la navigation des bus par exemple sont touchés. » De plus, l'ITSA s'inscrit dans le projet Aerospace Campus dont il pourrait constituer à terme une composante. Les nouveaux pays de l'Union européenne sont aussi concernés, car pour recevoir des aides, ils doivent appliquer des règles liées au spatial. Idem pour les pays en voie de développement: « Ces techniques leurs sont encore plus utiles qu'à nous, car si nous possédons des GPS et des cartes IGN, là-bas, il n'y a souvent pas de cartes ! »
www.itsa.fr
Le centre de formation aux applications spatiales sera actif dans un an. Il pourrait intégrer le projet Aerospace Campus.