«Cela revient au même que de jeter sa voiture quand les pneus sont usés...» Stéphane Dalis, le codirigeant d'Isobois à Saint-Divy a le sens de la formule. Cet ancien professionnel de la publicité, a repris, en 2005, 50% des parts d'Isobois à son fondateur, Frédéric Ménenteau. C'est un concept «de bon sens» qui a présidé à la création de cette entreprise en 1999: pourquoi jeter des fenêtres en bois, alors qu'il suffit juste de les retaper? «Il faut savoir qu'une fenêtre en bois a une durée de vie de 120 à 150 ans. Souvent, on s'en sépare au bout de 30 à 40 ans car un simple vitrage ne suffit plus ou que son double vitrage arrive en fin de vie. Le bois est naturellement isolant. C'est un éternel matériau d'avenir», prêche Stéphane Dalis. Il suffit donc de remplacer le verre par un double vitrage neuf et de poser des joints d'étanchéité sur les huisseries existantes.
200millions de fenêtres à rénover en France
Avec cet argument commercial et écologique, Isobois a remplacé quelque 200.000 fenêtres depuis sa création. Son marché: les fenêtres posées avant les années 1980, souvent en bois et en simple vitrage. Le parc potentiel est évalué à 200millions de fenêtres. En France, on en fabrique 12millions tous les ans, deux tiers pour la rénovation et un tiers pour les maisons neuves. Parmi elles, les fenêtres en bois représentent 14%. C'est sur ce segment qu'Isobois vient de lancer une nouvelle activité. Jusqu'à présent, elle n'offrait que de la rénovation. Désormais, elle vend aussi une gamme de produits neufs: fenêtres, portes-fenêtres coulissantes, portes de garage... «On s'est orienté sur des produits additionnels. On étoffe la gamme pour capter les 5 à 10% de chantiers où la rénovation n'est pas possible en raison de l'état des fenêtres.»
Externalisation de la menuiserie bois
L'entreprise propose notamment des fenêtres en bois neuves avec un capotage extérieur en aluminium, qui combinent l'avantage de l'isolation et de l'absence d'entretien. «C'est "le" produit de l'avenir», promet Stéphane Dalis. Cette nouvelle activité commerciale permet de conquérir des marchés, alors que l'entreprise a été réorganisée en 2011. «Nous nous sommes recentrés sur notre premier métier: la vente et l'installation», explique Stéphane Dalis. L'entreprise a externalisé la menuiserie en bois. «Avec des pics d'activité et des délais relativement courts, on n'avait jamais les bonnes ressources pour répondre aux besoins.» L'entreprise s'approvisionne désormais chez des fabricants locaux et sous-traite à des prestataires de proximité sélectionnés «dans l'éthique de la maison»: respect de l'environnement, tri sélectif... Présente dans les Côtes d'Armor via une concession, dans le Morbihan, en Ille-et-Vilaine et en Loire-Atlantique avec un établissement en propre, la PME emploie une cinquantaine de personnes. Soit une quinzaine de moins qu'en 2007. Les départs de l'entreprise n'ont pas été remplacés. «Nous avons redéfini les postes», indique le dirigeant. Les deux agences du Finistère ont par exemple été fusionnées. Car entre2010 et2011, le chiffre d'affaires est passé de 5,26M€ à 4,5M€. Stéphane Dalis joue la transparence dans un secteur d'activité qui accuse le coup. «Par rapport à la situation économique globale, celui qui affirme faire plus que l'année dernière dans le secteur, ment un peu, je crois...»
Isobois
(Saint-Divy) Dirigeants: Frédéric Ménenteau et Stéphane Dalis 50 salariés 4,5M€ de chiffre d'affaires 02 98 40 10 59 www.isobois.fr