Isère : VTN cible des marchés de niche pour ses gilets pare-balles
# Industrie # Investissement

Isère : VTN cible des marchés de niche pour ses gilets pare-balles

Textile Technique. Boosté par les attentats de Janvier, le fabricant de gilets pare-balles et vêtements techniques se lance dans un plan de développement ambitieux. Un plan qui prévoit notamment 2 à 3 M€ d'investissement pour déménager son site de production.

Nichée au coeur de la ville de Taninges (74), qui héberge près de 3.500 habitants, la société VTN, créée en 1956, a connu en janvier dernier une hausse importante de ses ventes à la suite des attentats parisiens. « La demande a été plus soutenue qu'à l'habitude, avec environ 1.000 gilets pare-balles vendus sur le territoire national principalement auprès des polices municipales, contre 70 pour un mois normal », affirme Philippe Belin, président du groupe Marck, qui précise que les gilets délivrés aux policiers municipaux avaient un niveau de protection identique à ceux utilisés par la police nationale. Si le phénomène a tendance à se reproduire lors de chaque situation de crise, « ce n'est pas non plus un apport substantiel au chiffre d'affaires de notre groupe », souligne-t-il.

Un groupe intégré
Car avec 9 filiales dont une en Tunisie dédiée aux marchés émergents, le groupe Marck (500 salariés en France ; CA 2013 : 107 M?), a pris le virage de la production d'uniformes, d'équipements et de services, après avoir été créé à l'origine en 1850 pour fabriquer des articles brodés à destination des Maîtres-tailleurs. Ses principaux clients ? Le ministère de l'intérieur en premier lieu, qui équipe 128.000 policiers avec les uniformes et équipements que fabrique un groupement industriel dont fait partie le groupe Marck, ainsi que la gendarmerie, les douanes, ou des sociétés privées comme la Brinks ou Securitas. « Nous avons aussi une partie vêtement d'image, afin d'habiller des groupes comme Castorama, Pizza Hut, Mac Donald's ». Mais ce qui l'intéresse le plus aujourd'hui, ce sont les clients prêts à externaliser l'ensemble de leur fonction uniforme, allant de la logistique à la distribution, en passant par le recyclage, les services d'échanges ou le nettoyage. « Nous avons quelques concurrents en vêtements techniques comme Paul Boyé Technologies, mais aussi beaucoup d'importateurs et de négociants étrangers », résume Philippe Belin.

Un redéploiement ambitieux
Positionnée sur un marché de niche, à savoir la conception de vêtements techniques (gilets pare-balles), de protection thermique et industrielle, VTN est venue consolider le pôle uniformes du groupe Marck, lors de son rachat en 2012. Avec une ambition : que le groupe devienne ainsi un leader français sur l'équipement des forces de défense. « VTN est un peu devenu le bureau de la R & D du groupe, avec une quinzaine de personnes dédiées à ce sujet », résume Philippe Belin. Étant montée jusqu'à 250 salariés, la société a connu des difficultés en 2007-2008 qui l'avaient fait redescendre à 25 salariés au moment de son rachat. « Notre objectif est désormais de la redévelopper, avec 50 personnes aujourd'hui et un objectif de 80 salariés en 2015 », explique Philippe Belin, qui vise un chiffre d'affaires de 20M? en 2015, contre 15M? en 2014. Pour cela, il compte repositionner VTN sur des marchés abandonnés jusqu 'ici,
comme le domaine industriel, les équipements dédiés à la protection des sapeurs-pompiers, ou encore l'export sur des pays comme l'Algérie. Ce plan de développement passera également par le déménagement de l'usine de production de Taninges, qui devrait redescendre dans la vallée à Cluses, aux Grands Prés, afin de faciliter les échanges courant 2016. « Cela représente un investissement de 2 à 3M? », glisse le président de VTN.

VTN


(Taninges) Dirigeant : Philippe Belin 50 salariés CA 2014 : 15 ME http://www.vtn.fr

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