Quand un groupe industriel (140M€ de CA) spécialisé dans les lubrifiants rachète une entreprise familiale de cosmétiques bio, quel est le résultat un an après ? Plutôt positif à en croire Nicolas Fouchère (photo), qui fut le directeur général de Sicobel (CA 2013 : environ 7M€ ; 50 salariés) jusqu'à l'année dernière et qui, à l'approche de la retraite, a souhaité céder son entreprise, détenue depuis 1996 et qui comptait à l'époque un salarié et 150k€ de CA. Le groupe Condat (Chasse-sur-Rhône, en Isère), désormais propriétaire, possède déjà la marque Thalac déployée en instituts de beauté et Bains Et Arômes (BEA) ce qui permet à sa division cosmétique de réaliser 20M€ de CA, une diversification encore légère pour ce groupe de chimie, pourtant bien décidé à prendre des positions sur le marché de la dermo-cosmétique pour rivaliser avec les Français Bioderma, SVR, Avène... Ainsi, un an après son rachat, Sicobel lance un nouveau produit qui reprend ses fondamentaux historiques : une gamme baptisée "Placentor", qui devient une gamme à base de placenta végétal et non plus de placenta naturel, conçue à l'origine pour favoriser la cicatrisation des plaies et réparer la peau des grands brûlés. Une de ses particularités ? L'entreprise, fondée à Caluire et dont le laboratoire tenu par des pharmaciens diplômés est désormais à Dardilly, n'a déposé « aucun brevet » selon Nicolas Fouchère, qui reconnaît ne pas avoir de concurrent direct sur cette gamme Placentor composée de 27 produits. « Nos concurrents sont dans la chimie classique et non dans la chimie à base d'éléments naturels. Boiron avait bien tenté l'aventure il y a quelques années en testant des produits cosmétiques homéopathiques mais ils n'ont pas réussi à trouver leur public ». Sicobel réalise 15 % de ses ventes à l'étranger. L'ambition est aujourd'hui de développer davantage son réseau de distributeurs en France, par le biais des pharmacies et parapharmacies.
- Un an après...