Le point de vue d'Isabelle Hottebart, cédante « J'ai choisi d'organiser une soirée pour symboliser cette transmission de l'entreprise De Graeve, qui est spécialisée dans l'équipement et la maintenance de cuisines et blanchisseries pour les collectivités publiques et privées. C'était une façon officielle de positionner mon fils par rapport à ses nouvelles fonctions et de faire la transition avec les clients et fournisseurs en toute convivialité. Un peu moins de 200 personnes étaient présentes : c'était aussi pour moi l'occasion de dire au revoir à tous ces gens que j'ai côtoyés pendant 35 ans. Je pense que la reprise ne se serait pas faite maintenant si l'entreprise n'était pas restée dans la famille. Mon fils Charles a aujourd'hui une trentaine d'années, tout comme moi quand j'ai repris l'entreprise de mon père en 1993. Le fait d'avoir vécu les choses une fois induit qu'il y a des points que l'on reproduit et d'autres qu'on améliore car l'époque était différente. Charles est arrivé il y a cinq ans et demi dans l'entreprise, avec l'objectif clair de me succéder. Il était important qu'il se familiarise aux métiers de l'entreprise et que je lui transmette les valeurs. Il arrivait avec des idées et moi j'avais l'expérience. Globalement, ces cinq années de transition se sont bien déroulées. Il n'y a pas vraiment eu de tensions même si nous avions parfois des avis différents. Mais chacun a eu l'intelligence d'écouter l'autre et de mixer les idées pour trouver des solutions. Certains me disent que c'est lié au fait de transmettre de mère à fils plutôt que de père à fils. Pour ma part, c'est davantage une question de personnalités. Ce binôme a été une vraie richesse pour l'entreprise, notamment en termes de progression du chiffre d'affaires puisque nous étions désormais deux sur la partie commerciale. Charles a développé et géré rapidement son propre portefeuille clients. J'ai gardé jusqu'à la transmission les décisions stratégiques pour l'entreprise, même si elles ont été prises de plus en plus de manière conjointe. Maintenant je vais m'effacer car je pense que l'on ne gère pas une entreprise à deux têtes. »
Le point de vue de Charles Hottebart, repreneur
« Je suis diplômé de l'Edhec avec une "major Entrepreneurship" car j'avais le désir de créer ou reprendre un jour une entreprise. Mais ni moi ni mes deux frères cadets n'avons grandi avec le souhait de reprendre l'entreprise familiale. Après mes études, j'ai travaillé un an chez Auchan en Chine et trois ans chez Sony à Paris. J'en ai eu vite marre de travailler dans des grosses boîtes, je préférais avoir la pression d'en bas plutôt que celle d'en haut. À cette période, je me suis dit que quitte à reprendre une entreprise, autant aller voir du côté de celle qui était déjà dans la famille. L'intégration de l'entreprise De Graeve s'est faite très vite et assez naturellement, je ne suis pas du genre à me poser trop de questions. La transmission s'est faite ainsi pendant 5 ans et demi sans qu'elle soit un sujet au quotidien. C'était plutôt un travail de fonds. Nous n'avons d'ailleurs pas fixé de timing pour ne pas nous mettre de pression. Nos deux portes de bureaux étaient ouvertes en permanence et on échangeait toute la journée de manière naturelle. C'est dans le caractère de chacun et je pense que la différence de genre mère/fils facilite les choses. Aujourd'hui cette prise officielle de la direction de l'entreprise est forcément un moment un peu angoissant car il y a une part de responsabilités qui passe d'une paire d'épaules à une autre mais ça ne m'empêche pas de dormir et je suis fier. Et puis, l'avantage quand l'ex-dirigeant
e de l'entreprise est votre mère, c'est qu'en cas de besoin, on sait qu'on peut la recroiser facilement. »
De Graeve
(Wambrechies) Dirigeant : Charles Hottebart CA : 3 M€ Une dizaine de salariés www.degraeve-pro.com