Iris Artisanat : Le fonds monte en puissance
# Artisanat

Iris Artisanat : Le fonds monte en puissance

Après une première phase de diagnostic, le fonds dédié à l'accompagnement des artisans passe à la vitesse supérieure. Courant 2011, un ?véritable plan de formations? sera proposé aux TPE artisanales de la région Paca.

Lancé en juillet 2009, au plus fort de la crise, le fonds Iris Artisanat (Intervention Régionale pour l'Investissement Social) va entrer dans sa seconde phase. Initié par la Région Paca, cofinancé par le Fonds social européen, et mis en oeuvre par l'UPA (Union professionnelle artisanale), ce plan d'actions est destiné à accompagner les TPE en difficulté par le biais de la formation. «C'est un dispositif innovant et unique en France», s'enthousiasme Pascale Gérard, vice-présidente de la Région déléguée à la formation professionnelle. «L'idée était de faire du sur-mesure pour apporter des réponses aux petites entreprises de l'artisanat et leur permettre d'anticiper les évolutions de leurs marchés». Dans un premier temps, 1.000 TPE de la région se sont vues proposer des diagnostics ressources humaines. «Nous avons réalisé des entretiens individuels avec les chefs d'entreprise», détaille Patrick Fournier, secrétaire général de l'UPA. L'objectif de cet échange est de faire le point sur les compétences stratégiques à valoriser ou à acquérir, et dresser un état des lieux des besoins en termes de formation professionnelle. Dans un second temps, cette prestation gratuite débouche sur une proposition de plan d'actions et de préconisations. Que l'artisan est libre de mettre en oeuvre, ou non.




Méfiance

Au départ, les entrepreneurs sont restés sur la réserve. «Ils craignaient qu'on s'immisce dans la gestion de leur entreprise», se souvient Pascale Gérard. «Mais ils ont vite changé d'attitude». Généralement, les artisans ont la tête dans le guidon. Ils n'ont ni les moyens de dégager du temps pour penser leur stratégie en matière de ressources humaines, ni forcément le recul nécessaire. Grâce à l'accompagnement des conseillers de l'UPA, les patrons sollicités se sont posés pour mettre à plat la structure interne de leur TPE. Au final, leur verdict est sans appel. Il ressort des 1.000 diagnostics effectués que la formation n'est pas la priorité des artisans en temps de crise. Parce qu'elle coûte cher. Parce qu'elle nécessite de libérer un salarié. Et parce que l'offre n'est pas forcément adaptée aux besoins des TPE. «Nous nous sommes rendus compte que les compétences les moins maitrisées n'étaient pas liées au métier. Les manques concernent plutôt les compétences transversales, comme la gestion ou le développement commercial», observe Patrick Fournier. Voté courant octobre par le conseil régional, la seconde phase du fonds Iris Artisanat vise à trouver des solutions à cet écueil. «Il s'agit d'un véritable plan de formation», souligne Pascale Gérard. «Notre volonté est d'expérimenter de nouvelles formes d'apprentissage, qui tiennent compte des contraintes des artisans». Une page blanche à écrire, où se bousculent cours du soir, formations à distance, dispositif de remplacement des salariés, retours d'expérience...

# Artisanat # Commerce