IQsim voit ses efforts récompensés. Depuis deux ans, l'entreprise sophipolitaine, à l'origine d'une solution (Iron Suite) de réduction des coûts de communication mobile basée sur le principe de la carte SIM virtuelle, creuse son sillon en Chine sur le sujet du data roaming. Dans son portefeuille client, une dizaine d'opérateurs chinois et, depuis cet été, la deuxième plus grosse agence de voyage du pays, séduite par la perspective alléchante - et différenciante - de permettre à ses clients voyageurs munis d'un routeur wifi intégrant la technologie iQsim d'utiliser la carte SIM la plus adéquate pour communiquer et envoyer des data à moindre coût. Et ce où qu'ils soient dans le monde.
L'Asie en pole position
Si l'Asie en général, et la Chine en particulier, constituent une cible privilégiée, c'est parce que c'est là que le marché s'est d'abord développé. « Les Chinois ont un rapport au téléphone différent du nôtre. L'utilisation de la donnée y tient une place prépondérante. Ils ont donc déjà l'habitude d'acheter ou de louer, dans les aéroports ou agences de voyage, ce genre de routeurs. A la différence près qu'il faut leur adjoindre une carte SIM adaptée à chaque destination, ce qui suppose un coût opérationnel important », explique le dirigeant-fondateur d'iQsim Philippe Bessaguet.
La migration, en cours, des opérateurs chinois vers la technologie de SIM virtuelle s'avère donc très porteuse pour l'entreprise... d'autant que l'Europe commence elle aussi à s'y intéresser. « Des marchés émergent comme le corporate, les médias ou même le yachting. À chaque fois, les besoins sont les mêmes : optimiser le coût et la logistique ». Aussi l'entreprise envisage-t-elle de mettre son propre routeur en catalogue, et cherche des partenaires « pour développer ce business de façon plus active ».
Compenser la chute de son marché historique
« Nous avions identifié l'intérêt du data roaming dès la création de la société en 2009, sans toutefois y déceler d'opportunités commerciales », se souvient Philippe Bessaguet. Cinq ans plus tard, le marché s'ouvre. Et cela tombe à pic pour iQsim puisqu'il vient compenser la chute de son activité historique, la communication téléphonie voix, qui l'avait forcée à se restructurer après un exercice fortement déficitaire (-1 M€ entre mars 2014 et 2015).
L'épisode est aujourd'hui clôt : l'équilibre retrouvé, l'entreprise azuréenne renoue avec la croissance et devrait engranger 3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016. L'objectif ? Doubler les facturations à l'horizon 2018, en misant sur les segments mobile testing (qui consiste à tester et vérifier la qualité des réseaux des opérateurs et intégrateurs / 20% du CA à ce jour) et data roaming (40%). Ce dernier, on l'a vu, étant susceptible « de croître assez vite » au regard du nombre de touristes chinois dans le monde qui devrait atteindre, selon les chiffres d'Atout France, les 100 millions d'ici à 2020.