Inovallée en déshérence?

Inovallée en déshérence?

Des arbres si envahissants qu'ils plongent certains bureaux dans l'obscurité, une signalétique digne d'un labyrinthe, des bâtiments construits il y a plus de trente ans et qui ne sont plus adaptés à la demande actuelle des entreprises... Inovallée a perdu de son attrait. Et même si bien des entreprises veulent rester dans le Grésivaudan, certaines s'en vont, faute de proposition satisfaisante. À l'instar d'Atos Origin qui va quitter Meylan en 2012 pour s'installer dans un immeuble neuf de Bouchayer-Viallet. La technopole a-t-elle encore un avenir? Dossier réalisé par Vanessa Genin et Anne- Gaëlle Metzger

Début 2012, Atos Origin va regrouper toutes ses équipes, aujourd'hui éparpillées essentiellement sur Inovallée, dans l'immeuble Les Reflets du Vercors (13.000m²) sur le site de Bouchayer-Viallet, dans le centre-ville de Grenoble. Le bail vient d'être signé et le chantier démarre tout juste. «Ce site sera une vitrine pour Atos Origin, explique Jérôme de Parscau, P-dg d'Atos Worldgrid. Nous allons pouvoir mettre en oeuvre nos solutions intelligentes. Et à Bouchayer, nous serons plus proches de partenaires technologiques et industriels comme Minalogic et Grenoble INP.» Force est de constater que le nouveau site de Bouchayer attire de plus en plus. Après l'incubateur Grain, des start-up, et le réseau Isère Entreprendre, la Chambre des métiers et de l'artisanat va également s'y installer. Dans le même temps, Inovallée prend du retard. La situation est préoccupante. Si rien n'est fait, dans cinq ans, que restera-t-il de l'une des premières technopoles de France?




Requalification

Des études ont été lancées dans le cadre de sa requalification. Un premier secteur, situé à l'Est de la zone sur la commune de Meylan, a été identifié. «Aujourd'hui, on va vraiment pouvoir avancer dans une phase opérationnelle», promet-on à La Métro. Il faut dire aussi que la volonté politique n'a pas toujours été au rendez-vous. Chacun a entendu parler du rififi entre la Métro menée par Geneviève Fioraso (PS) sur ce dossier et la maire de Meylan, Marie-Christine Tardy, sachant que cette commune détient la maîtrise d'ouvrage sur Inovallée. La zone d'Inovallée a aussi la particularité d'être à cheval sur deux communes, Meylan et Monbonnot-Saint-Martin, et donc sur deux agglomérations, la Métro et le Grésivaudan. Jean-François Clappaz, adjoint à l'économie de Montbonnot, affirme qu'il n'y a pas de scission entre les deux parties: «Il est important de revaloriser le côté Meylan, mais dans un travail commun: l'un ne peut pas vivre sans l'autre. Et les deux sont liés par une entité commune forte.» Les deux parties sont pourtant différentes. Le côté Meylan est plus ancien, avec des locaux de petite surface, tandis que Montbonnot accueille plus de grandes entreprises et même des activités industrielles. Et, avant la réforme de la taxe professionnelle cette année, les deux communes connaissaient une différence notable de taxation, plus élevée à Meylan... Pour autant, Inovallée représente «le premier bassin d'emplois privés» de l'agglomération grenobloise, avec 320 entreprises et 10.000salariés. Aujourd'hui, bon nombre d'entreprises d'Inovallée veulent rester dans la vallée du Grésivaudan. D'autant que la zone garde sa vocation première: être une technopole. Ainsi, avant de s'installer, une entreprise doit obtenir un agrément: seules sont acceptées les activités de production industrielle à technologie avancée; les SSII; les activités d'accompagnement des entreprises d'Inovallée; et les services communs du site. Inovallée tient également à rester un pôle d'excellence et s'est lancé pour défi d'être la référence Green IT, un pôle d'excellence où «la filière TIC peut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre». La marche vers un avenir plus prometteur serait-elle lancée?