C’est une maquette qui navigue entre les salons internationaux. Un bateau en image de synthèse qui intrigue avec son éolien qui fait office de voile. Un projet qui pourrait révolutionner la navigation.
L’Archinaute est tout ça à la fois. C’est le Morbihannais Charles-Henri Viel qui a imaginé ce bateau d’un nouveau genre.
« Le principe, c’est de convertir, dès le départ, la force du vent en puissance mécanique avec une éolienne montée sur le bateau, décrit l’ancien ingénieur de 58 ans.
À partir de là, on peut tout alimenter : la propulsion du bateau et la fourniture des énergies annexes. » L’éolienne s’adapte au vent et permet une grande maniabilité du navire. Surtout quand les vents sont contraires.
"Les prototypes et les calculs fonctionnent "
Depuis 2014, Charles-Henri Viel cherche à développer le principe plutôt que de développer un bateau particulier.
« C’est beaucoup plus ambitieux, justifie-t-il. Et ça donne plus de souplesse en termes de point d’entrée dans le marché.» Le créateur en est persuadé, les débouchés existent. Notamment dans la marine professionnelle (pêche, transport), les bateaux de plaisance, ou encore les bateaux scientifiques. Les concours remportés attestent aussi de l’intérêt du projet.
L’Archinaute a été sélectionné par le ministère de l’Environnement lors du concours « 100 projets pour le climat » et présenté au Good Festival en octobre, à Lausanne (en Suisse).
« Quand je vois la manière dont le projet est reçu à chaque fois… c’est une idée qui enthousiasme, constate-t-il.
D’un point de vue réaliste, je n’ai aucune inquiétude : les prototypes et les calculs fonctionnent », appuie l’ancien ingénieur centralien.
A la recherche de sponsors
Reste un problème de taille : le financement. « Des contacts sont en cours, mais rien n’est fait », reconnaît Charles-Henri Viel. L’ancien ingénieur table sur un budget total de 3 millions d’euros sur trois ans : étude, construction, frais de navigation, communication…
« La voie royale serait de réunir trois à quatre sponsors pour concevoir un bateau prototype, chiffre-t-il.
C’est un budget comparable aux courses au large. » En attendant, Charle-Henri Viel enchaîne les présentations (l
’Archinaute sera expliqué à la Cop 22, en novembre, à Marrakech au Maroc) et les rencontres des acteurs du secteur.
« Ils me disent tous : il y a du boulot… Mais ça tient la mer ! »