Les industries Pichon est un leader discret. Installé depuis 1976 sur le marché de niche qu'est la fabrication de tonnes à lisier, il en représente plus de 45%. Mais le marché ne cesse de se réduire en France. Et la crise n'arrange rien, touchant ses principaux clients: les agriculteurs, éleveurs, entreprises de travaux agricoles (ETA) et coopératives d'utilisation de matériels agricoles. Dès les années 90, Pichon a commencé à se diversifier vers l'hydrocurage et le désherbage mécanique pour palier à la baisse d'investissement dans le monde agricole. L'entreprise compte parmi ses clients Veolia Environnement, Eurovia, Rhodia,etc. Il y a six ans, Pichon s'est aussi mis à produire des chargeurs articulés. «Nous sommes les seuls à les fabriquer en France. Sinon, il faut les faire venir d'Allemagne», indique Michel Pichon, le P-dg. Sur son coeur de métier, la fabrication de cuves à lisier, le principal concurrent est belge. «Sur le plan européen, nous sommes juste derrière eux, second ou troisième», précise t-il.
Miser sur les exportations
Sur son site de Guipavas, l'entreprise familiale s'étend sur 11.500m² couverts et emploie 105 personnes. «Toute la fabrication des cuves se fait ici». Ou presque. «Nous avons une usine en Chine depuis début 2009 pour la réalisation des petites pièces, simples à faire. Cela coûtait trop cher de faire faire ses pièces simples par du personnel qualifié», justifie le patron. Une délocalisation? «Pas vraiment, aucun emploi en CDI n'a été supprimé. Il y a eu des intérimaires en moins». Pour continuer à contrer la crise, Pichon s'attaque à l'export. La société vend déjà dans quarante pays dans le monde, et les exportations représentent 25% de son chiffre d'affaires. 23M? en 2008, un résultat net de 606.500?. «On s'attend à une baisse de 10 à 15% de notre CA, confie Michel Pichon. Mais on va mettre l'accent sur l'export». Au début de l'année, il a acheté un site en Pologne, en cours de réhabilitation pour aller chercher le marché de l'Est. «Les pays de l'ex Union Soviétique ont besoin de se moderniser. Avec ce site en Pologne, on gagnera sur les coûts de transports», explique t-il.
Pichon fabrique des tonnes à lisier depuis quarante ans. La société brestoise fait face aux changements dans le monde agricole. Elle mise sur la diversification et l'exportation pour continuer à progresser.