Du 19 au 25mars s'est tenue la deuxième semaine nationale de l'industrie. L'occasion de faire le point sur un secteur très diversifié, dont les différents cycles ne sont pas toujours en phase. «Le développement de l'industrie sur un territoire demeure toutefois essentiel. 40% des services sont ainsi des services à l'industrie», commente Philippe Brun, président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) 13-04. «Nous sommes sur des secteurs (aéronautique, microélectronique, mécanique...) où la compétitivité reste un problème majeur et où les entreprises doivent maîtriser l'export. 90% des dépenses de recherche et développement, en France, sont effectuées dans l'industrie. En Paca, nous sommes sur un territoire très diversifié et qui est attractif, même si nous devons encore faire mieux en matière de transport, de logements et même de qualité des zones industrielles. Sur certains sites, on se croirait au 19e siècle. Il y a beaucoup de progrès à faire en terme d'accès, de signalétique ou de réseaux», poursuit-il.
Le pétrole, une industrie stratégique
À l'occasion de la semaine de l'industrie, le président
de l'UIMM souhaite mettre l'accent sur les jeunes. «On ne parle pas assez de l'industrie en termes positifs. Dans l'esprit du grand public, nous sommes toujours attachés aux risques, à la pollution. Pourtant, au contraire, les investissements effectués dans l'industrie sont protecteurs de l'environnement et vont dans le sens du développement durable. Par ailleurs, il y a finalement peu de délocalisations réelles, peu d'entreprises qui quittent la France pour aller fabriquer ailleurs des produits destinés au marché français. Au contraire, produire sur le territoire fait désormais partie des expressions revenues à la mode», ajoute-t-il. Du côté des industries pétrolières, la situation est plus inquiétante. «Dans notre secteur, les marges, différence entre le prix du pétrole brut et le prix des produits qui sortent d'une raffinerie, ne cessent de se réduire. En mars, la marge est très faible, de l'ordre de 4 € par tonne, alors que 20 ou 25 € par tonne nous seraient nécessaires pour être à l'équilibre. En 2011, la profession a perdu 900 M€», commente Jacques Ripoche, délégué régional de l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Pour le syndicat professionnel, la restructuration de l'outil de raffinage est inévitable. «Depuis 2009, deux sites ont fermé, à Dunkerque et Reichstett, et début 2012, nous avons suspendu la production de deux autres, à Berre et Petit-Couronne. Malgré ces arrêts, les marges ne remontent pas. Pourtant, si l'industrie pétrolière n'est pas rentable, elle est stratégique. Il est nécessaire de pouvoir continuer à raffiner en France pour ne pas dépendre des produits importés». Entre2004 et2008, l'industrie pétrolière enregistrait des marges de 40 € par tonne.
Conjoncture La semaine nationale de l'industrie a été l'occasion de faire le point avec les principaux acteurs des secteurs industriels.