Les Hauts-de-France, le Grand Est, l’Auvergne Rhône-Alpes, la Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Normandie ont concentré 71 % de la facture énergétique des sites industriels français en 2022, indique l’Insee. Dans cette étude, l’Institut de la statistique revient sur une période marquée par de fortes hausses des coûts de l’énergie, qui ont poussé les industriels à faire des choix stratégiques. La facture énergétique des établissements industriels de 20 salariés ou plus a ainsi augmenté de 89 % entre 2019 et 2022 pour atteindre 26 milliards d’euros.
Des régions qui concentrent aussi l’emploi industriel
Les cinq régions concernées rassemblent aussi 46 % de l’emploi industriel en France. Les Hauts-de-France et le Grand Est concentrent respectivement 20 % et 17 % de cette facture énergétique, en lien avec la forte présence d’activités énergivores.
"La fabrication de verre occupe ainsi une place centrale dans l’économie des zones d’emploi de Saint-Omer dans les Hauts-de-France (cristallerie Arc France) et de la Vallée de la Bresle-Vimeu en Normandie (verrerie Pochet du Courval)", détaille l’Insee.
D’autres spécialités industrielles énergivores sont citées comme la sidérurgie dans les zones d’emploi de Dunkerque (Hauts-de-France) et de Martigues-Salon (Provence-Alpes-Côte d’Azur).
Face aux prix de l’énergie, différentes stratégies adoptées
Faisant face à des prix de l’énergie en forte hausse, les sites industriels ont adopté deux principales réponses. Selon l’enquête annuelle sur les consommations d’énergie dans l’industrie menée par l’Insee, 52 % des établissements industriels ont déclaré avoir augmenté leurs prix de vente. Une stratégie qui concerne surtout les secteurs les plus énergivores comme la fabrication de produits minéraux non métalliques (73 %) ou encore les industries agroalimentaires (71 %).
La réduction des marges est une autre approche adoptée. 45 % des établissements ont privilégié cette solution, surtout dans l’industrie du papier et du carton (54 %) en région Normandie et Auvergne Rhône-Alpes.
La baisse de la production a aussi concerné la métallurgie à hauteur de 11 %, contre 4 % tous secteurs confondus. "Dans les Hauts-de-France, 22 % des établissements déclarent l’avoir réduite et 12 % l’avoir temporairement arrêtée", détaille l’Insee.
Dernière solution plébiscitée par les industriels : adapter leurs sites à cette hausse des prix. Qu’il s’agisse d’un investissement sur le long terme, pour 29 % d’entre eux, ou d’un changement de méthode de production (35 %).