Les coups de foudre, Indelec connaît. Ils sont même devenus sa spécialité depuis plus d'un demi-siècle. Aujourd'hui, ses paratonnerres trônent sur les lieux les plus prestigieux de la planète comme les plus anonymes. Notre-Dame de Paris, La Défense, l'Assemblée nationale ou le temple d'Angkor Vat ont, certes, le point commun d'être tous des sites très fréquentés, mais aussi d'être équipés par Indelec contre les coups de foudre.
De l'opportunité au succès
C'est en 1955 que Louis Lefort, un Douaisien de 27 ans, se lance dans la commercialisation en France d'un modèle de paratonnerre belge. « Tout est parti d'une proposition sous forme d'opportunité de distribution », raconte l'un de ses deux fils, Arnaud Lefort, l'actuel P-dg de l'entreprise. Lorsque le fabricant belge a cessé son activité, s'est alors posée la question de la reprise. Dans les années soixante, Louis Lefort décide de poursuivre ses efforts à son compte, en créant Indelec avec une dizaine de salariés. Rapidement, la distribution des paratonnerres ne suffit plus à ses clients qui lui demandent aussi de les installer. « L'installation reste d'ailleurs un point fort de la société qui nous distingue de nos concurrents », souligne Arnaud Lefort qui maîtrise ainsi l'ensemble de la chaîne avec 120 salariés à ce jour, de la conception à l'installation, en passant par la fabrication, la distribution et la maintenance via sa filiale BCM (10 salariés). Marché prédominant, l'industrie représente aujourd'hui 60% des installations d'Indelec, qui recense 5 000 paratonnerres en service. Les 40% restants sont portés par les marchés publics et les collectivités.
Du nord au sud
La protection des clochers d'églises, marché d'origine d'Indelec, est aujourd'hui plus qu'anecdotique. Ses commandes sont multiples, comme la protection des lignes ferroviaires pour le SNCF, client historique. Dans les années soixante-dix débute une activité d'export via les grands comptoirs de la CFAO. La demande émanant des pays très foudroyés, en Afrique et en Asie, est très forte. «Le marché est au sud», note Arnaud Lefort, mais c'est au Nord, attaché à Douai, que son groupe continue de se développer dans le monde, grâce à un brevet et un savoir-faire inégalés sur un secteur de niche.
Envergure mondiale
À son arrivée dans l'entreprise familiale à 28 ans, en 1987, Arnaud Lefort, formé à l'ISG de Paris, sort d'une expérience de quatre ans à l'étranger. C'est lui qui va donner la stature internationale à Indelec qu'il codirige depuis 1991 avec son frère cadet Bertrand, en charge de l'activité nationale et de l'animation des filiales françaises, ouvertes régulièrement depuis 20 ans, à commencer par Lyon. Ce maillage s'est fait dans une optique de proximité client, par créations ex-nihilo ou rachats.
Diversification
Dernier rachat en date: Delta Box, société de 42 salariés reprise à Auxerre en 2004 pour amorcer une diversification. Cette PME est en effet spécialisée dans le balisage aérien d'obstacles. « Cette activité n'a rien à voir avec la nôtre, mais nous avons les mêmes réseaux de distribution et les balises se placent au même endroit que les paratonnerres », sourit Arnaud Lefort qui mise beaucoup sur ce nouveau relais de croissance.
80% d'export
En terme de volume, 80% des produits fabriqués à Douai sont exportés. « L'export représentait déjà 15% de notre chiffre d'affaires en 1989 et aujourd'hui un tiers », confie Arnaud Lefort. À l'étranger, Indelec s'appuie sur un réseau de 60 distributeurs. « Les pays d'Asie émergents sont pour nous très importants. Ils ont de très gros besoins et enregistrent de fortes croissances », souligne Arnaud Lefort, de retour du Cambodge et prêt à conquérir l'Inde.