Sur le papier, les chiffres sont plutôt encourageants. Après deux années noires, l'immobilier azuréen semble enfin retrouver les faveurs des investisseurs. Le volume des ventes reprend une courbe ascendante et le délai d'écoulement des biens diminue. «L'an dernier, le marché de la revente s'est bien porté, confirme Pierre Laurent, président de la Fédération nationale des agents immobiliers de la Côte d'Azur (FNAIM 06). À Nice, le nombre de transactions a augmenté de 28%, ce qui représente près de 3.000 ventes supplémentaires. Les propriétaires ont accepté de revoir leur prétention à la baisse et permis ainsi au marché de se fluidifier.» Comptez désormais trois mois en moyenne pour écouler un bien, soit dix jours de moins qu'en 2009. Pas question pour autant de parier sur une reprise nette et définitive. Pour les 700 adhérents de la FNAIM 06, les bases du secteur sont encore trop fragiles. Un essoufflement de l'activité pourrait même se faire sentir dès le second semestre 2011.
Retour à l'attentisme
L'année qui vient de s'écouler était en fait, pour bon nombre de professionnels, «une année de rattrapage». En 2010, les primo-accédants, qui avaient différé leur projet en raison de la crise financière, ont fini par passer à l'acte. Leurs transactions ont alimenté à elles seules l'essentiel du marché azuréen. En 2011, changement de scénario et probable retour à l'attentisme. «Les fondamentaux qui soutiennent l'économie ne sont pas encore au vert. Les perspectives de croissance sont limitées (+1,4%), le chômage est toujours au-dessus de la barre des 9% et la confiance des ménages est très faible», prévient Pierre Laurent. Autre facteur d'inquiétude : la remontée prévisible des taux d'intérêts. Après avoir été historiquement bas, ces derniers devraient repartir à la hausse cette année. Pour soutenir la reprise du secteur, le Président de la FNAIM préconise donc une «stabilisation des prix». Dans les Alpes-Maritimes, leur évolution n'a pas dépassé les 4% en 2010. Si ce chiffre venait à augmenter en 2011, «la machine se bloquerait». «Les acheteurs sont déjà au maximum de leur capacité, prévient Pierre Laurent. J'appelle à une extrême prudence.» Une flambée des prix reviendrait aujourd'hui à plonger l'immobilier dans une nouvelle crise.
Conjoncture Malgré une hausse du nombre de transactions en 2010, la FNAIM appelle à la prudence. En 2011, le marché de la pierre pourrait à nouveau s'effondrer.