Comme sur les marchés financiers, la plus grande incertitude demeure pour les placements immobiliers. «L'immobilier est devenu un marché d'acquéreurs. Les prix sont à la baisse et devraient encore s'ajuster à la baisse cette année. Tout le monde est aujourd'hui dans l'expectative sur ce marché. Il nous semble encore un peu tôt pour investir dans l'immobilier. En tout cas, on conseille plutôt d'être très vigilant sur ce type d'investissement qui mérite d'être regardé à deux fois», explique Thierry Chouvelon, directeur du département ingénierie patrimoniale d'UBS. Le marché est aujourd'hui atone avec des promoteurs contraints de décaler des programmes, faute d'acquéreurs ou d'investisseurs. «Tout est tétanisé aujourd'hui. Tout le monde observe une attitude attentiste et fait même la politique de l'autruche sur le marché de l'immobilier. En 2008, tous les investisseurs se demandaient à quelle sauce ils allaient être mangés avec la réforme des niches fiscales mais je pense qu'ils peuvent être rassurés puisque le nouveau dispositif Scellier (lire par ailleurs) s'avère fiscalement encore plus intéressant que le "Borloo" et le "Robien"», estime Guy Roos, dirigeant d'ICF, cabinet indépendant de gestion de patrimoine.
Risque de montée des impayés
L'heure est aujourd'hui au retour aux fondamentaux en matière d'investissements immobiliers. «La localisation d'un bien immobilier est aujourd'hui primordiale si on souhaite que l'investissement soit rentable. Il ne faut pas uniquement regarder ce type d'investissement d'un point de vue fiscal», préconise Stéphane Gérard, de la banque Neuflize OBC. D'autant qu'il y a peut-être de bonnes opportunités à saisir, avec toujours des propriétaires pressés de vendre. Certains notaires évoquent des biens qui se sont commercialisés 40% moins cher que le prix voulu au départ par le cédant. Reste que, niveau loyer, avec la crise du pouvoir d'achat, «les rendements ne vont plus pouvoir augmenter autant que ces dernières années», assure Érick Cornevin-Hayton, de Meeschaert. De surcroît, dans un contexte de crise économique et de montée du chômage, «nous risquons de faire face à une augmentation des impayés», poursuit-il avant de conclure: «L'immobilier: oui, mais faites très attention à ce que vous achetez et à qui vous le louez».
La période actuelle a ceci de particulier qu'elle mêle crise financière et crise de l'immobilier. Le secteur de l'immobilier, habituellement considéré comme une valeur refuge lorsque les places boursières sont à la baisse, ne remplit donc plus ce rôle.