Bruno Bonduelle (CCI Grand Lille): «La région a besoin de la métropole. Il faut que Lille décline un nom pour exister sur une carte européenne»
La région a besoin de la métropole lilloise pour entrer de plein pied dans la mondialisation (...) Comme dans toutes les régions françaises, la grande métropole n'est pas respectée et fait peur. Tout le monde devrait pourtant s'en servir pour jouer dans la cour des grands (...) La métropole a déjà son emplacement pour elle. Elle est au centre de l'Europe, au milieu du fameux triangle de Paris, Londres et Bruxelles. Elle a également une richesse humaine importante. Malgré un temps mitigé, une région plus plate que jamais, les décisionnaires sont ici. Il y a une culture entrepreneuriale forte sur notre territoire et cela n'a pas de prix (...). Je suis obnubilé par le déclin de notre région. L'Insee chiffre à 30.000 le nombre de jeunes qui quittent notre région chaque année. Pourtant nous avons des atouts formidables: une population importante, une situation géostratégique favorable et surtout une vraie métropole. Il faut désormais que Lille décline un nom pour exister sur une carte européenne.
Jean Mérelle (Caisse d'Épargne Nord France Europe): «La région est en train de rebondir»
Le Nord - Pas-de-Calais est en train de rebondir et commence à avoir une réalité économique et politique. C'est la première région où je vois une aussi étroite concertation entre tous les acteurs qui comptent. C'est la voie du succès.
Francis Picha (Trato-TLV): «Changer d'image»
La métropole lilloise a connu des moments difficiles. Mais aujourd'hui, élus politiques et économiques vont dans le même sens et ont envie de changer cette image. Ils s'investissent énormément. Quand vous êtes chef d'entreprise il est toujours appréciable d'être dans un bassin économique dynamique et non fataliste. En plus de ça, nous sommes aussi proches de certains de nos clients, ce qui n'est pas déplaisant.
Eugène Deleplanque (Dickson): «A la pointe»
La région est, avec la région lyonnaise, le territoire le plus à la pointe du textile technique. Avec son pôle de compétitivité, ses écoles supérieures (Ensait, HEI) et ses chercheurs, le Nord - Pas-de-Calais reste très bien armé pour l'innovation. Nous sommes bien impliqués dans le tissu local et nous comptons bien nous impliquer encore davantage. Ce maillage nous motive à, bien entendu, garder notre siège à Wasquehal.
Laurent Degroote (Norpack et CCI Grand Lille): «Le berceau de grands réseaux»
La région est le berceau de grands réseaux. Il fallait aussi mettre en place un rendez-vous de la création unique en son genre. Nous allons arriver à la troisième édition du salon Créer et on espère qu'elle va surfer sur la même réussite. Nous comptons accentuer l'accompagnement sans délaisser la partie création. Notre ambition est qu'il devienne un salon européen à part entière. La Créativallée est aussi un bon moyen de véhiculer tous les atouts de la région et tous nos savoir-faire. Les ambassadeurs sont les plus crédibles pour le faire.
Hélène Szulc (TechSub): «Agir où les gens sont travailleurs»
Il est facile d'entreprendre dans le Pas-de-Calais mais c'est sans doute la culture d'entreprise qui manque encore. Toutefois, j'ai envie d'agir ici où les gens sont travailleurs et où la solidarité n'est pas un vain mot.
Sylvain Breuzard (Norsys): «Mettre l'entreprise en mouvement»
Le chef d'entreprise est un leader-animateur. C'est lui qui doit mettre l'entreprise en mouvement, insuffler une direction claire, et ça quelle que soit la taille de l'entreprise. Il doit fédérer les énergies et les talents autour de lui. L'important est de donner envie à ses collaborateurs d'aller de l'avant.
Bertrand Bigo (Qualios): «Reconnaître le travail des autres»
Une entreprise commence à gagner le jour où ce n'est plus le patron qui dit «j'ai une idée», mais le salarié qui propose la sienne et son patron qui l'approuve. C'est très important de reconnaître le travail des autres. Je pense que c'est même une des clés de la réussite d'une entreprise.
Pierre Lobry (groupe Orthos): «Nos cadres sont quasiment tous issus de la promotion interne»
Notre valeur ajoutée est humaine. Nous agissons pour l'intégration de femmes techniciennes et croyons à l'insertion professionnelle. Nos cadres sont quasiment tous issus de la promotion interne.
Hélène Szulc (TechSub): «Structurer dans le dialogue et dans l'écoute»
Je suis le genre de dirigeante qui touche à tout sauf à la technique. J'aime bien structurer les choses mais en étant dans le dialogue et dans l'écoute.
André Ducrocq (Ducrocq Ingénierie Process): «On ne peut réussir que par le travail»
On ne peut réussir que par le travail. Tout est question de volonté. On est tous faits pour faire quelque chose mais pas tous faits pour faire tout et n'importe quoi.
Jean Duforest (ÏD Group) : «Nos salariés ne travaillent pas pour nous, mais nous travaillons pour eux»
Beaucoup de dirigeants se mettent devant pour être admirés, rare sont ceux qui se mettent devant pour être dépassés. Il faut que les gens qui portent des responsabilités se mettent en marche pour entraîner les autres. Nous, fondateurs, n'avons jamais connu la guerre dans notre chair grâce à des humanistes entrepreneuriaux qui ont géré les conflits en créant du lien. Notre conviction est de faire en sorte que les gens s'entendent pour un projet qui les dépasse. Il n'y a que comme ça que l'on fait des entreprises durables. Plus on créera de petites business unit, plus les gens seront rendus autonomes. Nous ne sommes pas une grande entreprise mais une fédération de PME. Nos salariés ne travaillent pas pour nous, mais nous travaillons pour eux.
Bertrand Bigo (SAS Qualios): «Il faut que l'innovation vienne des salariés»
Il faut que l'innovation vienne des salariés et non pas de la direction. Et si vous n'êtes pas dans une démarche de R & D, vous condamnez aussi votre entreprise.
Olivier Dominikowski (Odicée): «Innover pour ne plus subir l'image d'un passé industriel et minier»
Investir dans la recherche et l'innovation est primordial afin de ne plus subir l'image d'un passé industriel et minier. Nous devons promouvoir des métiers qui ne sont pas délocalisables.
D'Arras à Lille, de Calais à Maubeuge, de Dunkerque à Lens, originaires du Nord - Pas-de-Calais ou d'ailleurs, ils ont décidé d'entreprendre dans la région. Ces acteurs du développement économique local font le business d'aujourd'hui et de demain. Quel regard portent-ils sur ce territoire où ils (s') investissent? Quels projets leur tiennent particulièrement à coeur? Quelles sont leurs attentes et leurs perspectives? Quelles expériences de management ont-ils à partager? Parole à ces décideurs qui font l'économie du Nord-Pas-de-Calais au quotidien.