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Ikea : Effet de levier formidable ou concurrence fatale ?
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Ikea : Effet de levier formidable ou concurrence fatale ?

Commerce L'arrivée du géant suédois, prévue pour 2016 sur le site de St-Isidore, soulève interrogations et inquiétudes des professionnels du meuble.

L'annonce a été vécue comme « un coup de massue » par les professionnels de l'ameublement azuréens, « surpris d'être mis devant le fait accompli, sans concertation aucune. » Jacques Kotler, président de la Chambre syndicale du meuble des Alpes-Maritimes, ne décolère pas. « Certes, on en parle depuis longtemps, mais la décision nous apparaît extrêmement brutale. » En effet, après dix années de tentatives infructueuses, le géant du meuble suédois a enfin trouvé une porte d'entrée sur la Côte d'Azur. Le 12 avril, Ikea a signé une déclaration d'intention avec Nice pour s'installer dans la Plaine du Var, dans le futur éco-quartier St-Isidore à deux pas du stade Allianz Riviera. Le projet, inédit, conduit par Jean-Michel Wilmotte, porte sur 60.000 m² de bâti. En plus de son propre magasin installé sur 40.000 m², l'enseigne prendra en charge la réalisation de 10.000 m² de logements, auxquels s'ajouteront des bureaux et commerces de proximité garantissant ainsi une mixité fonctionnelle imposée par le cahier des charges élaboré par la ville de Nice. Le coût de l'opération devrait dépasser les 100 M€ pour une ouverture prévue fin 2016.




Marché en perte de vitesse

« 40.000 m², c'est deux fois plus que les projets précédents », relève Jacques Kotler. Soit 30 % des surfaces commerciales occupées actuellement par une profession qui emploie 2.500 personnes sur la Côte d'Azur. Si le président de la Chambre salue le potentiel de création d'emplois, estimé à 400, il s'interroge sur la capacité du marché à absorber une offre de cet acabit. « La conjoncture est actuellement difficile. Notre chiffre d'affaires, de 186 M€ en 2011, a marqué le pas en 2012. Et les premiers mois de 2013 sont loin d'être fameux. » Alors, l'arrivée du mastodonte, plébiscité par les consommateurs, risque-t-il de porter un coup fatal aux indépendants bien que positionnés sur un segment différents, le moyen haut de gamme ? Le service et la qualité comme éléments différenciateurs seront-ils suffisants ? « La clientèle fera la part des choses », assure Jacques Kotler qui admet toutefois une certaine inquiétude. D'où un appel à la vigilance : « On attend d'Ikea le respect des règlements en vigueur dans le département, notamment en ce qui concerne l'ouverture le dimanche, fixée par arrêté préfectoral et limitée par la profession à cinq dimanches par an. »




Préférence locale

Du côté de l'Office du commerce et de l'artisanat de Nice, les propos sont plus nuancés. « On préfère accueillir Ikea à Nice qu'ailleurs dans le département », indique son président Bernard Chaix. L'homme ne veut retenir que l'effet de levier formidable pour les commerces du centre-ville niçois que représenterait « l'aspirateur » Ikea et sa zone de chalandise estimée à 1,5 million de personnes. « À nous de développer des offres pour capter une partie de cette clientèle. » Reste un sujet d'inquiétude : la ceinture de commerces attendus sur le site. « Nous militons pour des surface[-------]s moyennes réservées aux ensei[/-------]gnes locales et non nationales. » A suivre...

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