« Les décharges sont saturées, les incinérateurs en fin de vie. Il nous faut entrer dans une nouvelle ère du traitement des déchets où la valorisation doit être poussée à son maximum », prône Frédéric Capayrou, dirigeant de iHol (ex Valco). Spécialisé dans la conception, la construction, l'exploitation et l'entretien d'unités de traitement de déchets, dont celles de Cannes et du Broc, le groupe niçois développe des technologies propres pour valoriser les déchets ménagers. En s'appuyant sur l'expérience de son partenaire et actionnaire, l'Italien Sorain Cecchini Tecno, il a ainsi développé un procédé unique qui isole la fraction combustible des ordures ménagères résiduelles jusqu'alors mise en décharge pour produire un combustible de substitution inerte, propre et facile de manipulation. Baptisé Valor +, le matériau se présente sous la forme de paillettes composées de fractions de plastiques, de cellulosiques (papiers et cartons) et de textiles, et constitue une alternative aux énergies fossiles. « Son utilisation intéresse autant les industriels que les collectivités » assure Frédéric Capayrou. Testé depuis mars 2012 par les cimentiers de la région, Valor + peut également produire de la vapeur pour alimenter un réseau de chauffage urbain, de l'électricité, et même « l'hydrogène qui viendra alimenter les piles à combustible des voitures de demain », indique le dirigeant. Chaque année, 12.000 tonnes de Valor + sont produites sur le site Azureo du Broc, opérationnel depuis 2010, soit l'équivalent de 36 barils de pétrole. Si les applications sont multiples, les avantages le sont tout autant. Le procédé offre une production de combustible constante, dont le prix n'est plus dépendant du cours des énergies fossiles, et réduit le tonnage de refus à enfouir ou à incinérer en valorisant 65 % (au lieu de 40 %) des ordures ménagères résiduelles. Le groupe entend déployer le process dans d'autres sites. Cinq projets sont en préparation dont celui de la ville d'Évry où iHol se trouve en compétition pour la construction d'une usine de valorisation des déchets qui alimenterait son réseau de chauffage urbain. Réponse d'ici à l'automne 2013. Le groupe iHol emploie 150 personnes et a réalisé un chiffre d'affaires de 24 millions d'euros en 2011.
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