IAA, BTP, transports et technologies.Quatre secteurs clés d'Ille-et-Vilaine à la loupe
# Conjoncture

IAA, BTP, transports et technologies.Quatre secteurs clés d'Ille-et-Vilaine à la loupe

IAA : (re)construire l'avenir« L'agroalimentaire breton est en grande souffrance, mais pour autant, je suis convaincu de nos capacités de rebond (...) Si notre image est parfois décriée à l'intérieur du territoire, notre savoir-faire est internationalement reconnu. À nous, donc, de nous organiser pour répondre à la demande. Mais pour cela, il faut cesser de nous mettre des bâtons dans les roues. » Olivier Clanchin, président de l'Association bretonne des entreprises de l'agroalimentaire (Abea) en est persuadé : les industries agroalimentaires (IAA) bretonnes ont un réel avenir.Longtemps, elles ont joué le rôle d'amortisseur social. « Mais à quel prix ? Nos marges ont été divisées par deux en dix ans ! »Le secteur doit donc trouver les moyens de cette reconquête. Or, « entre la fiscalité et les charges qui augmentent continuellement, l'impossibilité de répercuter l'augmentation de nos prix de revient dans le prix de vente final, et l'application de l'écotaxe, la liste est longue des freins à nos capacités d'investir, de recruter et de penser sereinement à l'avenir. »Le soutien à l'élevage annoncé par le gouvernement est certes perçu comme « une nécessité » mais il n'est « pas suffisant : il est surtout prioritaire et primordial de traiter les distorsions de concurrence auxquelles sont soumis nos éleveurs. Dès lors que l'Allemagne n'a toujours pas de salaire minimum, on est en droit de s'interroger sur la notion de courage politique. De même, sur l'application de la LME, on tourne toujours en rond. »Olivier Clanchin milite pour « la poursuite de la dynamique de décentralisation, avec un droit à l'expérimentation ». Car, dit-il, « le contexte économique que nous traversons nécessite du pragmatisme et de la réactivité. Malheureusement, nous constatons trop souvent que l'administration nationale et son mode de fonctionnement ne nous le permettent pas. »




Bâtiment : toujoursdans le rouge

« Le bâtiment est toujours en crise et la situation ne s'améliore pas », constate Michel Lhoste, secrétaire général de la FFB 35. D'un mois de septembre à l'autre, les permis de construire dans le logement neuf ont reculé de 1 % et les mises en chantier de 14 %, le logement social ne suffisant pas à compenser l'effondrement de la promotion privée.Pour le non-résidentiel, les chiffres sont pires : - 14 % pour les permis avec une chute de 46 % pour les bureaux et - 5 % pour les mises en chantier. Même le secteur de l'entretien-amélioration est en recul de l'ordre de 1,5 %.Résultat : peu de visibilité à court terme. Les carnets de commandes sont en moyenne de l'ordre de 2-3 mois, les trésoreries sont exsangues, les réserves n'existent plus. L'insuffisance des volumes liée à une surcapacité de production conduit les entreprises à traiter leurs marchés avec des marges très réduites voire négatives. « Nous nous attendons à une progression du nombre de défaillances pour le dernier trimestre, touchant cette fois des entreprises de taille plus élevée », prédit Michel Lhoste.






Transports : l'emploi se tasse

« Les rentabilités sont nulles voire inférieures à zéro. Cela peut fragiliser la situation financière », souligne Anthony Rouxel, délégué régional de la FNTR-Bretagne.Les entreprises liées à l'agroalimentaire sont en première ligne. « Certaines ont dû vendre du matériel, modifier leur exploitation. Les répercussions sont sournoises, car ce sont des branches d'activités qui sont diminuées et pas forcément toute l'activité de l'entreprise. On ne remplace pas un salarié qui quitte l'entreprise, on ne renouvelle plus les CDD, et cela a donc un impact sur l'emploi dans notre secteur qui se tasse pour la première fois depuis dix ans », constate-t-il.






Technologies : du mieuxen perspective

« À un horizon proche, l'activité pourrait marquer de modiques avancées. » L'enquête de conjoncture régionale de septembre de la Banque de France laisse entrevoir une légère embellie dans le secteur des activités d'architecture, d'ingénierie et de contrôles techniques, tandis qu'elle note que dans le domaine de l'informatique et des services d'information, « l'activité et la demande globale ont affiché de réels progrès » avec des perspectives de « nouvelle augmentation de l'activité à bref délai ».Côté emploi, les effectifs ont été ajustés en conséquence et pour l'informatique et les services d'information, « une revalorisation assez significative des prix des prestations est intervenue ».





Christian Curtenelle

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