Hydroquest : Le courant porteur des hydroliennes
# Industrie # Investissement

Hydroquest : Le courant porteur des hydroliennes

Énergie. La start-up iséroise veut inonder les marchés fluviaux et marins avec ses hydroliennes à double axe vertical grâce à des partenariats et consortiums.

L'automne 2014 devrait être une période charnière pour Hydroquest. La start-up de Meylan (38), créée depuis quatre ans, va en effet soumettre ses hydroliennes à l'épreuve du feu. Tout d'abord sur le marché fluvial. À la tête du consortium Hydrofluv, fournisseur de parcs d'hydroliennes fluviales clé en main à l'attention des exploitants hydroélectriques mondiaux, Hydroquest va installer ce mois-ci un démonstrateur de 40 KW dans la Loire à Orléans, « tant pour prouver que ça marche que pour mettre en ordre de marche le consortium » qui comprend six partenaires, dont EDF et Artélia (Lyon) pour l'ingénierie, explique Jean-François Simon, le président. Sur le marché fluvial mondial, qu'il évalue à près de 15 Md€ à dix ans, Jean-François Simon se voit bien prendre 80 M€ de parts de marché. Il a déjà réalisé ses premières ventes en Guyane. Les atouts de ses machines ? Des turbines à double axe vertical à flux transverse, permettant vitesse et donc puissance, sans créations de perturbations ni perte d'efficacité, avec une protection qui laisse passer les petits poissons et oblige les plus gros à contourner. Les hydroliennes fluviales s'installent sur un système de barge flottante relevable permettant une maintenance aisée hors de l'eau et ne nécessitant que quelques pieux plantés dans le fond pour un impact environnemental minime. Chaque machine est capable de produire de 30 à 100 kilowatts. D'ici à la fin de l'année, le consortium devrait engager le processus commercial, si le démonstrateur orléanais est concluant.




Manifestation d'intérêt

Sur le marché marin, évalué par l'entrepreneur à 250 Md€ uniquement pour l'équipement, hors exploitation, Hydroquest avait besoin de capitaux et de savoir-faire industriels détenus par des entités telles que les chantiers navals ou les fabricants de plateforme pétrolière. La start-up s'est donc alliée aux Chantiers mécaniques de Normandie (CMN - Cherbourg). « Ils fabriquent des bateaux civils et militaires. Stratégiquement, les énergies marines renouvelables leur apportent une stabilité de production et une diversification, assure Jean-François Simon. Nos concurrents avancent également avec d'importants groupes équipementiers industriels. Mais nous sommes le seul consortium 100 % franco-français, depuis les laboratoires (Grenoble INP, CNRS et Insa Lyon), jusqu'à l'industriel, en passant par l'énergéticien Valorem (Bègles - 33) ! » Fort de cette spécificité, le consortium a présenté sa candidature à l'appel à manifestation d'intérêt (Ami) "Énergies marines renouvelables - Fermes pilotes hydroliennes" lancé par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) il y a un an. « Cet Ami représente 120 M€ qui seront distribués entre trois ou quatre consortiums français pour créer une ferme pilote à Cherbourg, explique le dirigeant. Nous proposons dix hydroliennes, soit 13 MW. La réponse devrait arriver cet automne... »




Vision à dix ans

Hydroquest prévoit une levée de fonds début 2015 pour accélérer la commercialisation de ses produits fluviaux, avec un objectif de 80 M€ à 100 M€ de chiffre d'affaires sous huit ou dix ans. Elle pourrait créer une usine d'assemblage en Isère à l'horizon 2016. Mais l'avenir financier d'Hydroquest se concentre sur le marin qui pourrait représenter « quelques centaines de millions d'euros de chiffre d'affaires annuel dans dix ans, même s'il est encore trop tôt pour l'évaluer ».

Hydroquest



(Meylan) P-dg : Jean-François Simon 9 personnes CA 2013 : 400.000 € 04 56 09 98 85 www.hydroquest.net

# Industrie # Investissement