L'estuaire de la Loire, référence française en matière d'utilisation de la pile à hydrogène pour les navires? Nous n'en sommes pas encore là, mais un pas dans cette direction vient d'être franchi en janvier avec la création de l'association Mission Hydrogène. Présidée par René Thieret, P-dg de Technitoile, celle-ci regroupe les chantiers Mérée, Mauric, le Groupe GB, le bureau Veritas, Abalone ou Alca Torda Applications. Au total, une dizaine d'entreprises et d'organisations professionnelles, réunies depuis quatre ans par le Pôle de recherche et d'innovation de Nantes Atlantique et d'Atlanpole (Prina). Son objectif: faire émerger des projets collaboratifs utilisant l'hydrogène pour des applications maritimes et fluviales. Pour l'heure, l'association poursuit les projets qui étaient menés ces derniers mois par les entreprises de la filière. Ils touchent à la fois aux aspects technologiques et réglementaires. «Un navire à hydrogène, techniquement, ce n'est pas insurmontable à réaliser. Par contre, en France, il n'existe aucune réglementation à ce sujet. Il faut l'inventer. C'est ce que nous sommes en train de faire avec les services de l'État», explique Frédéric Meslin, délégué général du Prina. En parallèle, différents profils de navires sont à l'étude: un transport de passagers de type Navibus, un bateau suiveur pour l'aviron, un navire de pêche, etc.
Esprit de cluster
«On pourrait faire émerger davantage de projets, mais on manque encore de structuration», concède Frédéric Meslin, qui se dit parfois «agacé» par le manque de réactivité des pouvoirs publics. Il n'empêche, l'association devrait être soutenue et financée par le conseil régional, l'Ademe et la Drire, à hauteur de 250.000€. Tout en sachant du côté du Prina qu'il faudra bien arriver à se délester peu à peu des aides publiques. «Nous sommes dans un esprit de cluster. L'idée est de faire émerger des projets qui sont économiquement viables pour les entreprises», assure Frédéric Meslin. Toujours est-il que la renommée de l'estuaire de la Loire vis-à-vis de l'hydrogène est grandissante. «Nous sommes sollicités par des entreprises de toute la France qui nous proposent des projets de R & D.On a même eu la visite d'une délégation du commissariat à l'énergie atomique!», relate le délégué du Prina. L'hydrogène devient donc un nouvel outil d'attractivité pour le territoire. Ils étaient peu à oser y croire il y a encore quatre ans...
Tél.: 02.40.44.62.08.
Une dizaine d'entreprises de Loire-Atlantique se regroupe au sein d'une association pour faire émerger des projets utilisant l'énergie hydrogène.