Créée en 2017 par trois ingénieurs de l’ENIT (Florian Labussière, Kevin Régi et Simon Massonnier), l’entreprise tarbaise Human Mechanical Technologies ou HMT (12 salariés, non communiqué) se spécialise dans la conception et la fabrication d’exosquelettes pour prévenir les risques professionnels. Elle s’est d’abord imposée dans l’industrie et les grands groupes avant d’élargir progressivement son spectre.
Un relais de croissance dans la santé
Après avoir équipé notamment la RATP et collaboré avec La Poste, HMT voit aujourd’hui de nouveaux secteurs s’ouvrir à elle. "Le milieu du soin, de façon très large, commence vraiment à s’intéresser aux exosquelettes", observe son président Kevin Régi. Blocs opératoires, aides-soignants, personnels logistiques hospitaliers, dentistes : les usages se multiplient dans des métiers marqués par les troubles musculosquelettiques (TMS).
Le Groupement Hospitalier de Territoire de la Vendée et la Polyclinique Saint-Odilon, dans l’Allier, ont ainsi équipé leurs équipes d’exosquelettes. "Nous recevons des centaines de demandes par mois. Notre rôle est de comprendre chaque métier pour vérifier si nos solutions peuvent répondre aux contraintes réelles du terrain", insiste le dirigeant.
Un marché en évolution
Même dynamique du côté des collectivités. Que ce soit pour les services logistiques chargés de monter des structures événementielles, pour les agents des espaces verts ou les équipes techniques soumises à des postures bras en l’air ou à des manutentions répétées : les exosquelettes Plum', Moon ou Wave, développés par HMT, trouvent de nouveaux terrains d’application. Le syndicat mixte SITCOM des Landes ainsi que les Départements du Finistère et des Pyrénées-Atlantiques ont désormais intégré les équipements d’HMT dans leurs catalogues."Il y a trois ans, c’était le bâtiment qui décollait fortement. Aujourd’hui, ce sont d’autres secteurs. Le marché évolue en permanence", résume Kevin Régi.
Une nouvelle impulsion industrielle
En parallèle, HMT poursuit sa stratégie de réindustrialisation. L’entreprise, qui produit déjà en France, investit pour internaliser progressivement la fabrication des éléments textiles de ses équipements. Après l’acquisition de centres d’usinage pour les pièces métalliques, la PME haut-pyrénéenne s’est dotée d’une découpe laser textile permettant de limiter la pénibilité au poste de travail tout en améliorant la qualité des finitions. Dans les trois ans, son objectif est de maîtriser l’ensemble des métiers de production et recruter jusqu’à 4 couturières techniques selon la montée en charge. Deux embauches supplémentaires sont d’ores et déjà prévues en 2026 dans les domaines du textile et de la R & D.
Vers une norme européenne des exosquelettes
La normalisation du secteur constitue l’un des autres chantiers stratégiques de l’entreprise tarbaise. HMT a participé aux travaux ayant conduit à la norme française NF X35-800 : celle-ci encadre la méthodologie d’intégration des exosquelettes en entreprise afin d’éviter les équipements "placardisés", c’est-à-dire peu utilisés au fil du temps car inadaptés. Pilotée notamment par l’INRS et l’Afnor, cette démarche est désormais en cours de transformation en norme ISO à l’échelle internationale. "L’enjeu est d’accompagner le changement. On ne peut pas se contenter de vendre un produit, il faut structurer la méthode d’intégration", souligne Kevin Régi.
Une croissance maîtrisée
Forte d’une croissance de 40 % en 2025 et d’une projection comprise entre 25 et 37 % pour 2026, HMT privilégie toujours une croissance organique, sans ouverture de capital. Sa priorité reste le marché national où le taux d’accidents du travail et de TMS demeure élevé. "Notre mission est claire : réduire la pénibilité et l’usure professionnelle. Les exosquelettes ne remplacent pas l’humain, ils l’aident à durer", conclut le dirigeant.