Alors qu’elle vient de boucler une levée de fonds de 6,5 millions d’euros, la medtech lilloise Hemerion (15 salariés) prépare déjà un autre tour de table. Dans l’année qui vient, elle veut lever à nouveau 35 millions d’euros. Ces deux opérations financières constituent des étapes décisives en vue de commercialiser, dès 2030, son traitement innovant contre le glioblastome, un cancer agressif du cerveau. Ce traitement, qui combine médicament et laser, s’administre dès la première chirurgie, visant à améliorer la survie et la qualité de vie des patients.
14 millions d’euros levés depuis 2020
Ce dernier tour de table porte à plus de 14 millions d’euros les fonds levés depuis la création d’Hemerion, en 2020. À l’issue de cette opération, les cinq associés fondateurs d’Hemerion conservent la majorité du capital. Cette dernière opération associe des business angels et des fonds d’investissement (CapTech Santé, Nord France Amorçage et Finovam Gestion), ainsi que des acteurs publics, dont le FEDER et Bpifrance. Enfin, une campagne de financement participatif, menée via la plateforme Capital Cell, a mobilisé 265 investisseurs privés.
La dernière étude clinique avant la commercialisation
Cette levée de fonds va financer la préparation de l’étude clinique pivotale, autrement dit celle qui intervient juste avant la mise sur le marché de la technologie développée par Hemerion. "Cette préparation consiste par exemple à produire à plus grande échelle le traitement, par lots", détaille Maximilien Vermandel, cofondateur et dirigeant.
La réalisation de l’étude pivotale en elle-même sera financée par la prochaine levée de fonds de 35 millions d’euros. Elle sera menée sur près de 300 patients en Europe et aux États-Unis. Une partie de l’enveloppe soutiendra aussi le programme de R & D de l’entreprise, qui explore l’adaptation de la technologie Hemerion à d’autres types de cancers.
Une commercialisation dès 2030
Cette étude pivotale doit aboutir à une demande de mise sur le marché en 2029, pour une commercialisation en 2030, en Europe et aux États-Unis. "À ce stade, nous envisageons plusieurs scénarios. La commercialisation pourrait se faire via une joint-venture avec un industriel, sous forme de licences ou par nos propres moyens. La solution variera peut-être selon la zone géographique et selon les prochains investisseurs qui entreront au capital", explique le dirigeant. Hemerion évoque d’ores et déjà un potentiel de chiffre d’affaires de 100 millions d’euros dès 2032.