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Haute-Normandie : Rebond de l'intérim et morosité ambiante
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Haute-Normandie : Rebond de l'intérim et morosité ambiante

conjoncture. Frilosité des banques et morosité ambiante inquiètent les responsables économiques alors que Pôle emploi note une reprise de l'intérim.

Les PME commencent à ressentir fortement le ralentissement économique, ce qui provoque «de l'inquiétude», selon Émilien Lefranc, président de la CGPME Hte Normandie qui précise: «Le problème de la crise des dettes souveraines et la crainte qu'elle ne s'étende au-delà du cas de la Grèce, renforcent ce sentiment d'inquiétude. Résultat, la morosité s'installe et l'incertitude règne. Tous les jours ou presque, il y a de nouveaux plans pour rembourser la dette, à tel point, qu'on ne sait plus où l'on en est». Le président de la CGPME également préoccupé par la hausse du prix des matières premières, la baisse des chiffres d'affaires et la frilosité des banques: «Mais, nous avons obtenu le maintien pour un an du Médiateur du crédit. Il faut que les banques continuent à financer l'économie réelle, les PME ne doivent pas se retrouver en situation de restriction ou de renchérissement du crédit». La frilosité des banques, une réalité corroborée par Jean-Louis Ravier, président du tribunal de commerce de Rouen (TCR): «C'est une réalité car elles ont moins d'argent à prêter aujourd'hui. Mais, si les entreprises ne peuvent pas investir, la croissance ne pourra pas rebondir. La difficulté, c'est que l'activité économique ralentit sérieusement, ce qui va se traduire par des problèmes de trésorerie des entreprises». Des difficultés dans les PME, notamment dans le Bâtiment, selon Jean-Louis Ravier: «Surtout après le dépôt de bilan de l'entreprise Millery et les retombées pour les sous-traitants». Le président du TCR identifie deux phénomènes: «Beaucoup de demandes de liquidation judiciaire et les problèmes liés à la gestion de l'entreprise combinés avec la crise. Les commerçants se portent mal en partie à cause des pas-de-porte ou des baux trop chers. Le commerce souffre beaucoup à Rouen». Point positif, il espère que la baisse du taux de base de la BCE joue un rôle utile: «Personne ne l'attendait, cela va peut-être remonter le moral si le crédit est un peu moins cher».




Rebond de l'intérim

Sur les mois de juillet, août et septembre, le Pôle emploi relève en moyenne 8,3% d'inscriptions de demandeurs d'emploi en moins qu'à la même période en 2010: «Même si l'on reste sur des niveaux élevés, c'est un signe positif dans la conjoncture actuelle», explique Frédérique Pellier, responsable études, statistiques et évaluations. «Une dynamique de l'emploi se récrée avec pour moteur l'intérim dans notre région grâce à une progression élevée et un niveau fort, plus important que dans l'emploi salarié. La reprise de l'emploi s'effectue par l'intérim, même si l'on note un ralentissement depuis l'été (-4,7% en juillet et -2,2% en août, pour une croissance annuelle de +7,4% en Haute-Normandie contre +5,6% en national, Ndlr)». Plus d'un intérimaire sur deux se retrouve dans l'industrie, secteur qui a peu de visibilité à long terme, d'où un recours fort au travail intérimaire.



Sébastien Colle

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