Haute-Garonne : Une future machine à laver durable made in Toulouse
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Haute-Garonne : Une future machine à laver durable made in Toulouse

À la tête de la société d'études marketing Kheolia, Jacques Ravinet se lance dans l'industrie avec le lancement d'une machine à laver innovante. Un pari audacieux en voie de concrétisation.

Quel rapport entre les études marketing et la fabrication de machines à laver ? Jacques Ravinet codirige depuis plus de dix ans Kheolia, un institut d'études marketing basé à Colomiers. Il admet que les deux métiers n'ont rien à voir mais il lui semblait évident et nécessaire de chercher des solutions face à la consommation excessive de produits condamnés à mourir parce que non réparables.

Contre l'obsolescence
De par son métier, il analyse le marché de l'électroménager et les attentes des consommateurs (étude auprès de 5.000 personnes en 2013) et constate que celui des machines à laver est gigantesque : « Rendez-vous compte, 2,7 millions de machines à laver vendues France chaque année. Et tout cela à la poubelle, pour en racheter une autre ! » L'obsolescence de nos produits commence sérieusement à mécontenter les consommateurs soucieux, comme Jaques Ravinet, d'acheter du durable et de limiter la pollution. Avec l'appui de BPI (50.000 €), de la Région et des banques, il décide de plancher sur la machine à laver "éternelle", facilement réparable. Comment s'y prendre quand on n'est ni un pro de l'industrie, ni un bricoleur ?

Partenariat avec l'Icam
L'entrepreneur décide de confier son projet aux élèves ingénieurs de l'Icam de Toulouse. « C'est un recours que je recommande fortement car toutes les compétences sont réunies en seul lieu (composants, électronique, informatique...) et nous arrivons à des contrats économiquement intéressants par rapport au recours à des sociétés privées. » Près de 100.000 € ont été déboursés en deux ans pour aboutir à une première maquette. La phase de pré-industrialisation est en cours de finalisation : étude des composants, des coûts (avec des contraintes de qualité mais aussi de suivi des conditions de travail des fournisseurs), de facilité de réparation.

Prix de vente doublé
Le futur design de la machine à laver Ineloo n'est pas finalisé. On sait déjà qu'elle s'ouvrira comme un lave-vaisselle et son prix est déjà estimé : entre 850 et 900 €, soit le double du prix d'une machine à laver classique. Pour Jacques Ravinet, ce n'est pas un obstacle : « Nous visons un marché de niche, celui des consommateurs avisés soucieux du recyclage. On se fixe seulement 6.000 machines par an. Les grands fabricants ne sont pas nos concurrents. » Chaque élément de la machine est déclipsable, réparable ou changeable, et cela pour un coût inférieur à 10 % du coût total de la machine. L'entrepreneur prévoit ses premières ventes dans deux ans avec une fabrication sous-traitée dans un premier temps puis l'ouverture d'un atelier à Toulouse. Sa société Ineloo créée en juillet 2015 devrait compter deux ingénieurs (prévision d'embauche dès 2016) pour finaliser le projet. Au final, Jacque Ravinet prévoit de lancer toute une gamme de produits électroménagers de la marque Ineloo basés sur le durable et gérés par cinq ateliers-showrooms répartis sur la France.

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