Le groupe Hemodia a signé, ce jeudi 10 janvier 2013, un protocole d’accord avec trois sociétés chinoises, portant sur le développement, l’exploitation et la commercialisation de sa solution
Micromedia.
Fruit de recherches débutées il y a dix ans avec
le Laas-CNRS et d’un investissement avoisinant les 4,5 millions d’euros (financées en partie par Oseo), cette technologie permet
d’évaluer précisément l’efficacité d’une séance de dialyse.
Pour ce faire, le dispositif à usage unique intègre notamment un capteur biochimique capable de mesurer, en temps réel et en continu, l’épuration de l’urée du patient.
«Quand j’ai découvert cette innovation biopharmaceutique il y a deux ans, je me suis mise à la recherche de partenaires chinois », se souvient le Dr Liya Ju, dirigeante de la société Setrad (qui œuvre à la promotion, sur le marché chinois, d’innovations issues de la recherche française dans le domaine médical). Une étape qu’elle qualifie de « difficile » mais qui a fini par aboutir à l’identification de deux sociétés, aux rôles complémentaires. La première –
Newsummit Biopharma Group – est spécialisée dans la recherche clinique et aide des entreprises étrangères, intervenant dans le domaine médical, à pénétrer le marché chinois et vice-versa. La seconde –
Shenjiu Medpharma – est l’un des plus grands distributeurs de matériels consommables de dialyse en Chine. C’est elle qui commercialisera Micromedia en Chine, une fois l’autorisation de mise sur le marché obtenue.
Mais avant cela, de nombreuses étapes doivent encore être franchies par les quatre partenaires : traduction des dossiers, transfert des données et savoir-faire technologiques, études cliniques, industrialisation, etc. Autant de phases préalables qui nécessiteront « un investissement de 2 à 3 millions d’euros de notre part », estime Yemin Wu, le directeur général de Shenjiu.
Attendue pour fin 2014, la mise sur le marché chinois de Micromedia devrait générer un chiffre d’affaires conséquent pour Hemodia.
« En France, on estime à 35.000 le nombre de patients en insuffisance rénale. C’est un marché insuffisant compte tenu du coût de revient de notre technologie qui intègre du silicium, souligne Pierre Montoriol, P-dg de la société basée à Labège.
En Chine, on pense qu’au minimum 700.000 personnes sont concernées. Pénétrer ce marché signifie pour nous lever ce verrou des quantités. » Sans compter que d’autres perspectives pourraient s’ouvrir pour Hemodia, sa technologie ayant aussi démontré son efficacité pour quantifier la créatinine présente dans le fluide biologique.
A l’origine spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de tubulures pour hémodialyse, l’entreprise a depuis étendu son activité aux sets de soins médicaux à usage unique, prothèses plastiques, systèmes de surveillance neurophysiologique intra-opératoire, microcapteurs chimiques et biochimiques pour applications médicales (tels que Micromedia), etc. Elle dispose aujourd’hui de cinq sites industriels – trois en région toulousaine, deux en Tunisie – qui emploient quelque 300 collaborateurs et a réalisé 25 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier.
Sur la photo : De gauche à droite : Pierre Montoriol, P-dg d’Hemodia, Liya Ju, dirigeante de Setrad et Yemin Wu, Dg de Shenjiu. La technologie Micromedia, développée par Hemodia, intègre notamment un capteur biochimique capable de mesurer, en temps réel et en continu, l’épuration de l’urée du patient dialysé. Photo : Guillaume Fraysse.