La Semaine Européenne pour l’Emploi des Personnes Handicapées (SEEPH), du 17 au 23 novembre constitue, chaque année, un temps fort. Toutefois l’inclusion des personnes en situation de handicap ne saurait se limiter à ce rendez-vous ponctuel. Elle s’inscrit au contraire dans une politique au long cours, qui doit mobiliser durablement les entreprises et la société dans son ensemble.
En France, une personne sur cinq vit avec un handicap. Selon l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées), 2,7 millions de personnes âgées de 16 à 64 ans avaient une reconnaissance administrative de leur handicap en 2022, soit 9,7 % de la population active.
Dans ce contexte le rôle de l’entreprise s’est progressivement affirmé.
Un levier de cohésion interne
L’obligation d’emploi de 6 % de collaborateurs handicapés dans les entreprises d’au moins 20 salariés constitue un socle légal. Au-delà, les politiques de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) encouragent une démarche volontaire qui s’inscrit dans la durée.
L’inclusion devient dès lors un levier de cohésion interne qui favorise l’ouverture aux autres, renforce l’attachement à l’entreprise et stimule l’engagement collectif. À cet égard, l’accessibilité, souvent perçue comme une contrainte technique ou juridique, doit être envisagée comme une opportunité. Elle permet d’attirer et de fidéliser des talents, en répondant à des attentes sociétales fortes : 71 % des personnes en situation de handicap déclarent choisir un lieu ou une marque selon son accessibilité.
Une démarche inclusive de l’entreprise va par ailleurs faciliter le recrutement et le maintien dans l’emploi. Elle doit pour cela sensibiliser les équipes, adapter les postes de travail, accompagner les collaborateurs dans leur parcours professionnel et les informer sur les dispositifs existants.
Dans ce cadre, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), délivré par différents organismes selon les situations, joue un rôle essentiel. Elle permet de préserver la santé et l’employabilité, de bénéficier d’aménagements adaptés, de légitimer les difficultés rencontrées et de faciliter le dialogue avec les managers et les collègues. Ne pas déclarer une situation de handicap peut au contraire aggraver les difficultés.
On le voit, la réussite collective passe par la capacité à intégrer la différence et à valoriser la diversité. L’inclusion n’est pas seulement une obligation morale ou légale : c’est un moteur de cohésion sociale pour les entreprises et un enjeu majeur pour la société tout entière.