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Hampiaux investit 4,5 millions d’euros dans sa nouvelle usine
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Hampiaux investit 4,5 millions d’euros dans sa nouvelle usine

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Le fabricant de chalumeau à gaz, le lorrain Hampiaux, va s’installer dans un nouveau site de production d’ici la fin de l’année, basé sur la zone des Grand Paquis, à Heillecourt, en périphérie de Nancy. Ce nouvel outil industriel doit permettre d’affirmer les ambitions de l’entreprise, notamment à l’export.

Dès la fin décembre, les équipes d’Hampiaux se seront installées dans leur nouvelle usine d’Heillecourt — Photo : Jean-François Michel

Plus de quatre ans de travail auront été nécessaires. "En mars 2020, j’ai rassemblé les salariés pour leur expliquer que nous souhaitions déménager", retrace Alexandrine Charonnat, la directrice générale d’Hampiaux, fabricant de chalumeau à gaz installé jusqu’ici rue Marcel-Brot, à Nancy, et propriété de la famille Chapusot depuis 2020. Fin 2024, l’ensemble des équipes de l’industriel, soit 42 salariés, auront emménagé dans leur nouvelle usine, sur la zone des Grand Paquis, à Heillecourt, en périphérie de Nancy.

Des stocks pour fonctionner trois mois sans machine

Un site de 3 600 m2, dont 400 m2 de bureaux, qui va nécessiter un total de 4,5 millions d’euros d’investissement, dont la moitié injectée dans l’achat du foncier et de l’ancien bâtiment, l’autre moitié de l’investissement étant fléchée vers des aménagements et une extension de 600 m2. Pour déménager le plus sereinement possible, les équipes d’Hampiaux ont commencé dès la fin de l’exercice 2023 à accumuler des stocks. "Nous nous sommes mis en ordre de marche pour pouvoir livrer les clients sans machine pendant trois mois", souligne la directrice générale d’Hampiaux.

Une ambition : multiplier par deux l’activité

"Dès mon arrivée dans l’entreprise, le projet a été de doubler le chiffre d’affaires", rappelle Alexandrine Charonnat. En 2020, Hampiaux pesait 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires : quatre ans plus tard, l’industriel lorrain réalise près de 10 millions d’euros d’activité. "Et nous n’abandonnons pas notre objectif de doubler le chiffre d’affaires. Il nous reste encore un an pour le prouver", insiste la directrice générale d’Hampiaux. Le nouvel outil industriel va en effet permettre de viser loin.

Derrière la directrice générale d’Hampiaux, Alexandrine Charonnat (au centre), c’est toute une équipe qui a œuvré et notamment le directeur des opérations de l’entreprise, Pierre-Antoine Chapusot (quatrième sur la gauche) — Photo : Jean-François Michel

Des salariés impliqués dans les aménagements

Coincées jusqu’ici dans 2 400 m2, gênées par une route très passante rendant les manœuvres des camions de livraison compliquées, ne disposant d’aucun espace pour assurer des formations ou même prendre une pause, les équipes d’Hampiaux ont été impliquées dans le projet de déménagement dès l’origine. "Chacun a imaginé son poste de travail", précise Alexandrine Charonnat. Après une première visite organisée cet été, l’ensemble des salariés a pu donner son avis et faire des suggestions dans un questionnaire anonyme. "Certains postes impliquent aujourd’hui de manipuler des caisses lourdes", détaille Alexandrine Charonnat. "Demain, des tables élévatrices permettront aux salariés concernés de ne plus se baisser."

Un nouvel investissement dans le parc machine

Un aménagement à 75 000 €, qui n’était pas prévu au départ mais que la directrice générale a validé sans sourciller. "Cette nouvelle usine doit être plus confortable pour tous les salariés. Être serré, c’est aussi être gêné dans les flux de production, mais c’est aussi être gêné pour la productivité individuelle de chacun", analyse la directrice générale. Les aménagements du site, qui a abrité une ancienne imprimerie, ont été pilotés par le directeur des opérations d’Hampiaux, Pierre-Antoine Chapusot. Désormais équipée d’un quai de déchargement, la nouvelle usine dispose aussi d’un atelier pouvant accueillir deux fois plus de machines qu’auparavant. "Actuellement, nous travaillons sur 14 tours numérique", précise Alexandrine Charonnat. "Mais nous allons encore investir 2 millions d’euros pour acheter cinq nouvelles machines."

Les machines ont été transportées de la rue Marcel-Brot à la zone des Grand Paquis, à Heillecourt — Photo : Jean-François Michel

Vers un nouveau marché : les États-Unis

Un nouvel investissement motivé par les ambitions à l’export de la dirigeante. Nullement effrayée par les perspectives de guerre commerciale ouverte par l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, Alexandrine Charonnat l’affirme sans détour : "Cela fait trois ans que je travaille sur le marché des États-Unis. Mais pour y aller, il fallait être capable de livrer très vite, cela fait partie de leurs exigences. Maintenant, nous avons les moyens d’augmenter notre capacité de production, nous allons y aller". Une stratégie renforcée par un constat : "pour les conditions du protectionnisme, il va falloir attendre les déclarations du nouveau président. Mais ce que je constate sur le marché, c’est la volonté d’arrêter de tout acheter en Chine."

Le service pour faire la différence

Réalisant actuellement 30 % de son chiffre d’affaires à l’export, soit essentiellement sur la zone Europe, Hampiaux doit voir cette part s’inverser totalement. "Le marché français doit devenir un marché parmi d’autres", fixe Alexandrine Charonnat. Opérant sur un marché quasiment confisqué par le matériel asiatique, qui représente 80 % des ventes, la directrice générale d’Hampiaux veut amener au marché américain le haut niveau de service qui lui a permis de s’imposer en France. "C’est la seule façon de faire la différence avec le matériel asiatique", affirme Alexandrine Charonnat, tout en concédant ne pas pouvoir lutter sur la question du prix : en moyenne, les tarifs d’Hampiaux et de sa gamme de chalumeaux Le Lorraine sont 25 % supérieurs au matériel asiatique.

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