Tout juste lauréate du Prix de l’international 2025 décerné par l’association France Hydrogène, l'entreprise finistérienne H2Gremm, qui siège à Edern (24 salariés, 1 M€ de CA en 2024), poursuit sa croissance dans la production de stations autonomes d’hydrogène vert. Après avoir lancé la commercialisation de ses équipements à la rentrée 2024, elle amorce une nouvelle phase en s’alliant à Trecobat (600 collaborateurs, 197 M€ de CA), acteur majeur de la construction de maisons individuelles en France. Un partenariat stratégique a ainsi été signé avec le constructeur, basé lui aussi dans le Finistère, pour intégrer la technologie de compression électro-chimique d’H2Gremm dans ses futures réalisations bas carbone (gamme Trecobat Green). La communication reste pour l’heure discrète chez Trecobat, mais Olivier Le Strat, fondateur et directeur général d’H2Gremm, nous en dévoile les grandes lignes : "Nous livrerons entre 5 et 10 maisons en 2025, et une vingtaine l’année suivante. Il s’agit de maisons haut de gamme situées dans l’Ouest, d’un prix supérieur à 500 000 euros. Ce partenariat représente environ 10 % de notre activité actuelle."
Une solution énergétique hybride
La solution développée par H2Gremm repose sur un stockage double de l’énergie solaire : un système hybride combinant batteries et hydrogène. Les maisons équipées de panneaux photovoltaïques conservent d’abord l’énergie grâce aux batteries lithium, comme celles déjà intégrées dans l’offre Trecobat Green. Mais H2Gremm y ajoute sa micro-station modulaire, capable, via un électrolyseur intégré, de convertir et stocker l’électricité excédentaire sous forme d’hydrogène. Cette approche permet de prolonger la durée d’autonomie énergétique, garantissant une disponibilité constante tout au long de l’année. Par exemple la nuit ou en hiver, quand la production d’énergie renouvelable est faible.
Testée pendant deux ans dans une maison expérimentale à Brest, sa solution a fait ses preuves. "Une maison bien isolée peut largement dépasser les 80 % d’autonomie grâce à notre technologie hybride", assure Olivier Le Strat. L’hydrogène intervient surtout pour les usages les plus énergivores : chauffage des pièces, chauffe-eau, piscine… Estimée à 80 000 euros aujourd'hui, une station pourrait voir son coût divisé par deux d'ici quatre ans, grâce à des avancées technologiques. Ses unités peuvent stocker jusqu’à 300 kWh, et s’adressent aussi bien à des logements individuels qu’à des bâtiments publics (mairies, écoles) ou industriels.
Une nouvelle usine en vue
Parallèlement à l’habitat, H2Gremm développe également une solution de ravitaillement en hydrogène pour les véhicules légers - vélos ou voitures -, rapide et économique. Son dispositif a été testé à grande échelle durant les Jeux olympiques de 2024 à Paris, en partenariat avec Toyota, validant sa fiabilité dans un contexte urbain.
Avec une capacité actuelle de production d’une station par semaine, l’entreprise connaît une montée en charge progressive. Afin d’accompagner cette croissance, elle prévoit la construction d’une nouvelle usine de 2 600 m² à Quimper, dont le chantier débutera en 2026. L’investissement est estimé à 3 millions d’euros. Il permettra d’augmenter significativement ses capacités industrielles à partir de 2027.