Nouveau chapitre. Un an et demi après la disparition de son fondateur Eric Sarrat, l’ETI familiale girondine de sous-traitance logistique GT Logistics (95 M€ de CA en 2024), née en tant que filiale du groupe GT en 2001, dessine un cap à horizon 2030 sous la direction de Frédéric Ruppli, président, et Philippe Tellier, nouveau directeur général et ancien directeur des opérations. Sortant d’une "année de transition", elle mise désormais sur une croissance (+ 31 % en 2022, + 7 % en 2023) "raisonnée de 5 à 10 % par an", professe Philippe Tellier, qui insiste sur le besoin de réorienter certaines cibles de marché.
Une activité distribution en repli
Le secteur de la distribution (8 % du CA) est ainsi en "forte diminution". Cette réalité est autant volontaire — le dirigeant cite l’arrêt de la collaboration avec NTN Europe, fabricant de roulements mécaniques — que subi, à l’image du contrat non-renouvelé avec son plus gros client dans le secteur, Lidl. "Il y a encore deux ans, nous étions à 30 % d’activité dans la distribution. Le changement est important et assumé", assure le nouveau directeur général.
Il a aussi des conséquences indirectes, notamment sur ses effectifs (1 450 en 2022, 1 329 en 2024) ou sa flotte de machines. "Nous avons un parc de 5 à 600 machines, la moitié est en électrique", précise Philippe Tellier, corrélant le retrait progressif de la distribution avec un ralentissement mécanique de la conversion dudit parc. GT a tout de même acté un objectif de décarbonation pour diminuer de moitié son empreinte carbone d’ici à 2030.
Marchés d’avenir
Pour continuer de grandir, GT Logistics va concentrer ses efforts sur des "marchés d’avenir" qu’elle juge plus porteurs, comme l’énergie, les transports ferroviaire ou maritime ou le gaz. Elle souhaite que ces derniers représentent, en 2030, 75 % de son chiffre d’affaires. Un moyen pour l’ETI de diversifier encore son portefeuille d’activité et de s’ouvrir à de nouveaux métiers. "Nous souhaitons développer un nouveau métier par an d’ici à 2030. C’est une accélération, puisque nous en avons créé une douzaine depuis notre création en tant que start-up en 2001", rappelle Philippe Tellier.
"Un client va notamment nous confier le maintient d’un parc de contenants de gaz en circuit interne, une activité que nous allons chercher à transformer en offre sur un segment de marché spécifique". Ces "nouveaux métiers" — le traitement de surface, la peinture ou la délégation de production sont également cités — pourront aussi être acquis par des rachats, précise la société, le dernier en date étant Ewalls Cargo Care France en 2009.
"Nous souhaitons développer un nouveau métier par an d’ici à 2030".
Essaimage industriel
Disposant de 45 contrats en cours sur 62 sites, l’ETI, dont l’essentiel de la clientèle est industriel, souhaite aussi avant tout consolider son développement en multipliant les contrats chez des clients existants — 50 % de sa croissance — dans des segments sur lesquels elle est déjà présente mais en croissance comme l’aéronautique (15 % du CA), la Défense ou le nucléaire (11 %).
Elle mise toujours sur l’industrie de process (métallurgie, chimie, verrerie, papeterie), secteur historiquement fort (19 % du CA) mais marqué par des difficultés, comme en témoigne notamment la liquidation de l’un de ses clients, les Papeteries Saint-Michel – groupe Thiollet — près d’Angoulême (Charente), en octobre 2024.
Ce nouveau cap, GT le met enfin au service d’un choix plus orienté de clients avec lesquels elle veut collaborer. "On veut être un véritable partenaire pour soutenir nos clients dans leur performance industrielle", juge Frédéric Ruppli, insistant sur le renforcement et la poursuite des investissements de ses clients dans leurs sites locaux.