Sept ans après son lancement par la communauté d'agglomérations du Pays de Grasse, l'opération d'aménagement de la zone industrielle AromaGrasse touche à son terme. Sur les 14 lots mis en vente, seuls deux n'ont pas été commercialisés. Un lot de 1.500 m² de bureaux occupés jusqu'à la fin 2015 par la société de production Auteurs Associés pour la série télévisée Section de Recherches, installée depuis deux saisons sur le territoire grassois. « L'idée est de le vendre sous forme de copropriétés pour en faire un pôle tertiaire à destination de la filière », indique Richard Rios, directeur du développement économique du Pays de Grasse.
Le second restera la propriété de l'agglo pour en faire un hôtel d'entreprises, compartimenté en 17 bureaux laboratoires de 50 à 100 m² cumulables. Doté d'un budget d'aménagement de 2,8 M€, il accueillera pour moitié les jeunes pousses sorties de la pépinière InnovaGrasse, et pour l'autre des entreprises plus matures ayant un besoin d'extension en locatif. Livraison prévue début 2017.
Une opération bénéficiaire
Créée sur l'ancien site Symrise, la zone de 8 hectares a été pensée pour donner une réponse concrète aux industriels de la famille des arômes, parfums et cosmétiques en mal de foncier.
Acquise en 2008 pour un montant de 12,2 M€, réaménagée pour près de 3 M€, AromaGrasse devrait rapporter à la collectivité 15 M€. « Si l'on s'en tient aux chiffres bruts, la collectivité sera déficitaire principalement à cause du portage financier et des coûts de maintenance, détaille Richard Rios. Mais, si on l'inscrit dans le cadre de l'activité économique générée, l'opération devient alors bénéficiaire ». Que ce soit en termes d'emplois (la zone industrielle devrait compter, d'ici à 3 ans et hors hôtel d'entreprises, 315 emplois dont la moitié en création), d'attractivité du territoire (« si LVMH a acquis l'ancienne Fontaine des Parfums pour y installer son laboratoire de recherche, ce n'est pas pour rien ») et enfin de ressources fiscales.
Réhabiliter ou construire
Cependant, la question du foncier reste d'actualité et la demande de grands espaces demeure difficile à satisfaire. Car, si l'on excepte le parc d'activités de la commune de Saint-Cézaire, dont l'extension pourrait s'étendre sur 7 hectares, l'offre foncière grassoise se réduit comme peau de chagrin. Le projet, en réflexion, sur la zone Saint-Marc devrait s'orienter vers un aménagement mixant habitations et activités, excluant de fait les industries. Et le prochain PLU devrait faire la part belle « au devenir agricole ».
D'où la stratégie de l'agglo qui vise à privilégier la requalification de sites existants plutôt que la construction de nouveaux, à l'instar de l'ex-usine Biolandes, 10.000 m² de bâti sur 2,5 hectares de terrain qui aiguisent bien des appétits. On estime d'ailleurs entre 20 et 30.000 m² le réservoir de foncier privé qui pourrait être destiné à l'industrie sur Grasse. Peu pour une filière dont le volume d'affaires ne cesse de progresser grâce à une activité soutenue à l'export et qui, selon Sirius, représente sur le bassin 96 établissements, 3.935 salariés et un chiffre d'affaires de 1,1 milliard d'euros.
Gaëlle Cloarec
Portée par le Pays de Grasse, la zone industrielle AromaGrasse apporte une première réponse aux entreprises de la filière arômes et parfums en mal de foncier. La collectivité envisage désormais de s'attaquer à l'existant.