Un quota d'heures allouées à l'insertion. C'est ce qui régit les clauses sociales inscrites dans les grands chantiers de Rennes Méropole. Le code des marchés publics l'impose depuis 2001. Au total, 140 entreprises rennaises sont mobilisées dans ce dispositif. En répondant à un appel d'offres public, elles doivent garantir qu'un certain nombre d'heures de leurs travaux seront pour l'insertion.
300.000 heures pour le métro
Pour la rénovation urbaine par exemple, Rennes Métropole avait fixé l'objectif à 63.000 heures. « Plus de 100.000 heures ont été réalisées en quatre à cinq ans », se félicite Alain Busson, chargé de mission à la direction générale proximité et cohésion sociale de Rennes Métropole. « En 2013, 35 opérations sont en cours pour un objectif de 75.000 heures », ajoute-t-il. Sans compter les 25 opérations de services, comme le nettoyage, qui représentent 110.000 heures. « En cours de procédure, nous avons également 125.000 heures de travaux dont 40.000 heures liées à la première phase de la ligne 2 du métro. En portefeuille, nous sommes donc à plus de 300.000 heures activées et cela va encore augmenter », prédit-il. Ces clauses représentent a minima 150 ETP par an. À lui seul, le chantier global du métro générera 250.000 heures. « Nous ne sommes qu'un petit morceau des emplois générés », précise Alain Busson. Si le non-respect de ces clauses est rare, il va falloir anticiper cette main-d'oeuvre à fournir en nombre. « Les entreprises font des efforts... Il va falloir une vraie stratégie d'anticipation. Quand le coup de feu va arriver en 2015, cela peut poser problème », selon Alain Busson qui travaille en partenariat avec la Maison de l'emploi (Meif) et dix structures d'insertion. « Nous risquons des tensions sur certains métiers à un moment donné du fait du chevauchement des chantiers », ajoute Véronique Faucheux, directrice de la Meif. Du côté des entreprises, le dispositif est bien connu. À Saint-Jacques-de-la-Lande, Vincent Lesage, directeur de SNPR société générale de bâtiment du groupe Soprema, ne voit pas ces clauses comme des quotas ni comme une contrainte : « C'est avant tout une aventure humaine qui est mise en place en parfaite adéquation avec la philosophie de partage et les valeurs de notre entreprise. L'idée est de pouvoir donner une seconde chance à des jeunes éloignés de l'emploi, voire une première chance. »
Un bon moyen de recruter
À la tête de 162 salariés (CA : 13 M€), Vincent Lesage le voit aussi comme un bon moyen de recruter. Il est épaulé par le Geiq BTP, qui fête ses dix ans. « Ce dispositif permet de mettre en adéquation des métiers sur lesquels on a du mal à recruter, comme les bardeurs, les étancheurs... », confie l'entrepreneur qui accueille en permanence trois à quatre personnes en insertion. « Nous avons recruté sept personnes par ce biais, soit en moyenne un par an. » C'est le schéma parfait.
Géry Bertrande
Les appels d'offres de Rennes Métropole comportent la plupart du temps des clauses sociales auxquelles doivent répondre les entreprises. Exemple avec SNPR.