Grand Ouest Étiquettes est une entreprise à part dans l’univers économique des Côtes-d’Armor. Un fabricant d’étiquettes pas comme les autres car ses patrons ont choisi de ne pas diriger comme les autres.
Du management participatif
Chez GOE, le patron peut décider de prendre, du jour au lendemain, un congé sabbatique de 6 mois. Chez GOE, les salariés sont invités à aller se former à l’étranger sur la conduite de nouvelles machines. Chez GOE, le recrutement ne se fait pas sur le savoir-faire mais sur le savoir être. « Attention toutefois, nous ne sommes pas des fous et tout n’est pas rose chaque jour, précise malicieusement Michel Rault, repreneur en 1990 de Bretagne Étiquettes à Lamballe, transformée en Grand Ouest Étiquettes 8 ans plus tard. Notre culture est imprégnée de management participatif où les gens peuvent se dire les choses dans le respect de chacun. »
Un « Oscar » déclencheur
L’Oscar des Côtes-d’Armor remporté en 2013 est venu récompenser cette stratégie assumée et naturelle pour les 110 salariés du groupe. « Nous n’aurions jamais imaginé que ce qui fait notre quotidien depuis tant d’années aurait pu être honoré, confirme Delphine Rault, l’actuel P-dg. Cette récompense a été au final un déclencheur en se disant qu’il fallait aller plus loin et repenser notre projet collectif. »
Sans patron le lundi
Le mouvement et la rupture. Voilà les deux mots qui résument bien l’histoire du fabricant d’étiquettes de Lamballe. Une remise en cause perpétuelle qui a par exemple, un jour de septembre¬2006, amené Michel Rault, à laisser les clés de l’entreprise à sa fille pour six mois. « J’avais un pari vieux de 10 ans à honorer avec un ami. Celui de partir de la Terre de Feu pour finir en Alaska, confie l’intéressé. Delphine n’était dans la société que depuis 3 ans. Nous avons discuté 45 minutes un samedi sur les choses à faire et le lundi je prenais l’avion pour le Chili. »
Une avance technologique
S’il se refuse à parler de test sur les capacités de son potentiel successeur, Michel Rault sort toutefois rassuré de cette aventure. « Je me suis rendu compte que tout avait très bien fonctionné sans moi, que je n’étais pas si indispensable que je le pensais. » Cette rupture, GOE la cultive également d’un point de vue technologique avec une enveloppe d’investissement comprise entre 1 et 1,5¬million tous les ans. « C’est un choix d’acheter des machines neuves et en avance sur leur temps, ajoute Delphine Rault. Cette stratégie proactive nous permet d’offrir un haut niveau de services et de conseil à nos clients. Nous n’attendons pas que le marché nous sollicite. Il faut garder un temps d’avance. »
Marier les cultures
Parfois la prise de risque est à deux doigts de frôler l’échec. Deux ans après l’avoir racheté, GOE a ainsi revendu son confrère de Niort, Proban. « Nous étions loin, l’entreprise mal positionnée. L’intelligence a été de ne pas s’entêter. » À l’inverse, mal embarquée après le rachat de GMT à Rennes, les Rault, père et fille, ont choisi de persévérer pour renouer aujourd’hui avec la rentabilité. « Notre culture d’entreprise étant tellement atypique que nous avons eu du mal à trouver une harmonie dans le mariage. Aujourd’hui, GMT, devenue GMTE, reste une filiale mais les choses se sont apaisées et les deux structures se complètent parfaitement en terme de marché et de clients. »
Renouveler les générations
Pilotée officiellement depuis mai 2012 par Delphine Rault, GOE a vécu la transmission familiale avec sérénité. « Faire la révolution aurait été à contresens de notre histoire et nos valeurs. Aujourd’hui, nous devons travailler sur le renouvellement des générations, notamment dans l’encadrement pour donner une assise solide à l’entreprise. GOE est autant notre société que celle de nos salariés. »
Groupe GOE
(Lamballe)
P-dg : Delphine Rault
115 salariés
CA consolidé : 20 M€
02 96 50 83 50