Beaucoup de choses ont été dites sur la restructuration de Total, qu'en est-il? Précisons d'abord qu'il s'agit d'un plan industriel. Celui-ci est destiné à adapter et moderniser la raffinerie aux conditions du marché. Lorsque vous avez une diminution importante du marché des essences, des fiouls domestiques et dans le même temps une montée de la demande en gazole, vous devez réadapter le schéma industriel.
Y a-t-il d'autres facteurs déclencheurs? En effet, de nouvelles contraintes viennent compliquer les choses, notamment en terme de normes européennes sur la fabrication de produits exempts de soufre. L'Europe augmente aussi la pression dans le domaine du risque environnemental, avec la directive IPTC qui demande aux raffineries de s'adapter aux meilleures technologies. C'est donc la conjonction de ces différents éléments qui conduit à ce projet industriel de Total pour un montant de 700M€ d'investissement destiné à adapter la raffinerie à ces nouvelles exigences.
Quels changements cela induit-il? Ces investissements vont permettre d'améliorer nos
performances environnementales. La raffinerie va aussi passer de 16 à 12millions de tonnes de brut raffinées et augmenter de 500.000 tonnes par an sa production de gazole. En plus des 700M€, 70M€ sont injectés pour démanteler les deux unités qui doivent fermer. En face de ce projet, il y a également l'usine pétrochimique de Total petrochimicals qui fabrique des polymères et bénéficiera d'un projet de 230M€.
Quelles sont les conséquences en terme d'emplois? Il faut bien comprendre que sur la raffinerie de Normandie, nous disposons de quarante unités de production et nous avons décidé de n'en arrêter que deux! Le projet comporte des volets de modernisation d'unités et nous allons aussi remettre de l'argent pour augmenter la capacité de notre hydrocraqueur et construire une nouvelle unité de désulfurisation de gazole. Il faut donc bien évidemment supprimer les cases des équipes qui n'auront plus à faire tourner les unités fermées. Mais l'ensemble des personnes concernées sera reclassé. Nous avons besoin d'eux!
Pourtant, tout le monde ne partage pas votre vision... Certains ont voulu récupérer notre plan industriel en parlant de licenciements, de scandale, en faisant un amalgame fâcheux avec les bénéfices annoncés par le groupe. Au contraire, ce plan va créer de nombreux emplois, de l'ordre de 200 dès 2009 et monter en puissance pour atteindre près d'un millier d'emplois à l'horizon 2012. Sur la durée du plan, nous sommes créateurs d'emplois!
Colle
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La restructuration annoncée par Total dans ses branches raffinage et chimie a suscité un tollé général parmi les syndicats et la classe politique. Principalement touchée par ces mesures, la zone duHavre devrait enregistrer la suppression de 380 postes. Gérard Roussel, directeur de l'établissement de Normandie Total raffinage, explique cette stratégie.