C’est donc au sein du Centre administratif de Sophia Antipolis, qui abrita en d’autres temps le Symisa, l’organe chargé du développement économique de la technopole, que la French Tech Côte d’Azur (FTCA) a choisi d’implanter son bâtiment totem. Inauguré le 19 janvier dernier, il constitue une nouvelle étape pour le mouvement d’entrepreneurs qui, fin 2016, s’est affranchi de la tutelle de Team Côte d’Azur pour présider à sa propre destinée. Lui qui va désormais disposer d’un budget annuel d’environ 650.000 euros alimenté par les quatre collectivités parties prenantes (Nice, Cannes, Sophia et Grasse), les adhérents et le Conseil Régional. Christian Estrosi, qui n'a pas voulu manquer l'événement, a en effet glissé dans son discours que la Région allait débloquer 400.000 euros pour soutenir les French Tech de PACA.
Fertilisation croisée
« Nous sommes ici dans le cœur historique sophipolitain, là où la fertilisation croisée si chère à Sophia est née, et que l’on va poursuivre en permettant aux jeunes entrepreneurs de se rassembler et de partager leurs expériences », explique Fabrice Moizan (Gayatech), co-président de la FTCA avec Eric Léandri (Qwant). Des locaux seront mis à la disposition des startuppers qui le souhaitent, des permanences de la BPI, Caisse des dépôts, pôles de compétitivité, accompagnants et autres sociétés de conseils seront programmées. Et une équipe de trois personnes, pilotée par Valérie Groues, directrice déléguée de la FTCA en poste depuis le 2 janvier, sera chargée d’animer, d’informer, de fédérer les jeunes pousses en croissance. Bref, de mettre en œuvre « une synergie d’ensemble » pour faire émerger les champions de demain.
Pépites en pitch
Parmi eux se trouvera peut-être l'une (ou plusieurs) des sept start-up venues pitcher lors de la soirée d'inauguration. Des pépites en croissance comme Wildmoka, spécialisée dans les outils technologiques permettant aux chaines de télévision (Canal+, France TV, l'Américaine Fox ou encore BeIN Sport, dernière à avoir succombé) de créer des expériences audiovisuelles innovantes (25 personnes, 1,5 M€ de CA en 2015). Instant System et ses solutions de mobilité d'ores et déjà utilisées par quinze agglomérations et deux opérateurs de transport (15 personnes, 800 K€ de CA en 2016). Ou encore Cubical Drift, studio de jeu vidéo dont le premier opus vient de sortir en accès anticipé sur la plateforme de téléchargement Steam. Des jeunes pousses en devenir aussi, à l'instar de TRAXXS et sa semelle connectée, actuellement en phase pilote avec GSF, le géant de la propreté industriel basé à Sophia Antipolis, pour protéger ses travailleurs isolés. GreenerWave, tout juste de retour du CES de Las Vegas et qui a fait sensation avec sa techno qui permet d'optimiser la concentration des ondes existantes dans les bâtiments vers les appareils mobiles, améliorant ainsi la qualité de services des réseaux de communication sans fil. Et les dernières-nées : Ellcie Healthy, à l'origine de lunettes connectées intelligentes dont la sortie est programmée pour 2018, et Gear Next Door, quatre mois d'existence, une plateforme de consommation collaborative et déjà 2.400 instruments de musique proposés à l'essai par des particuliers à d'autres particuliers qui souhaitent tester avant d'acheter. A suivre...