France : Guillemot conteste les méthodes de Bolloré

France : Guillemot conteste les méthodes de Bolloré

L'arrivée de Vincent Bolloré à hauteur de 10 % dans le capital d'Ubisoft n'a pas fini d'agiter le monde du jeu vidéo. Pour Yves Guillemot, P-dg d'Ubisoft, la méthode utilisée passe mal.

La semaine dernière, Vivendi (groupe désormais détenu par le Finistérien Vincent Bolloré) a annoncé avoir augmenté sa participation dans Ubisoft et Gameloft, les deux sociétés des frères morbihannais Guillemot, pour les porter respectivement à 10,39 % et 10,20 %. Le montant total des titres s’élèvent respectivement à 244 millions d’euros et 34,41 millions d’euros, financés à l’aide de la trésorerie disponible du groupe. « Ces investissements s’inscrivent dans une vision stratégique de convergence opérationnelle entre d’une part les contenus et plateformes de Vivendi et de l’autre les productions d’Ubisoft et Gameloft dans le domaine des jeux vidéo (Vivendi détient déjà une partie du capital d’Activision Blizzard, NDLR) », a expliqué Vivendi dans un communiqué, ajoutant une phrase qui fait polémique : « Le Groupe ne s’interdit pas d’augmenter sa participation dans ces deux sociétés en fonction des conditions de marché et se réserve la faculté, le moment venu, de demander à être représenté à leur conseil d’administration. » Vincent Bolloré veut-il se payer ces deux entreprises bretonnes emblématiques dans le monde des jeux vidéos ?

Discret, Yves Guillemot, co-fondateur et P-dg d'Ubisoft (1,464 Md€ de CA et 9.000 salariés) est sorti de sa réserve dans les colonnes des Echos. Il conteste la méthode employée évoquant simplement « un appel téléphonique de cinq minutes de Vincent Bolloré deux heures avant le rachat des 10 % d'Ubisoft ». Revenant sur la manière de faire, le dirigeant évoque « la méthode des activistes ».

En attendant, Yves Guillemot dont la famille possède 9 % du capital entend tout faire pour garder son rang de numéro 3 mondial en s'ouvrant l'opportunité de faire « entrer des partenaires ». Entre les deux groupes, l'entente n'apparait pas possible. Le dirigeant d'Ubisoft mettant en avant « la détention par Vivendi de 6 % d'Activision Blizzard », l'un de ses concurrents. Dans ce bras de fer qui s'engage, Yves Guillemot mise sur l'indépendance de la famille et sur sa capacité à trouver des fonds et à investir.