France : Bâtiment : Les artisans craignent 40.000 disparitions d'emploi

France : Bâtiment : Les artisans craignent 40.000 disparitions d'emploi

Les artisans du bâtiment se mobilisent vendredi 18 janvier à Paris et en région pour, entre autre, exprimer leurs craintes face à l'augmentation prévue de la TVA en 2014.

A l'invitation de
la Capeb, les artisans du bâtiment se mobilisent le
vendredi 18 janvier devant les préfectures françaises. Parmi les principales revendications du syndicat professionnel, le passage envisagé du
taux intermédiaire de la TVA de 7 % à 10 % en 2014. A priori, trois taux s'appliqueraient : Un taux minoré à 5 % pour les travaux visant à réduire la consommation énergétique, un taux intermédiaire à 7 % pour la rénovation des bâtiments et un taux normal à 20 %.
« Pour nous, c'est inimaginable », s'alarme Albert Quénet artisan-peintre en Finistère, patron d'une entreprise de 5 personnes et vice-président confédéral de la Capeb nationale.



Jusqu'à présent, le taux de TVA minoré s'appliquait à tous les travaux de rénovation des logements de deux ans d'ancienneté au moins. Dans sa propre entreprise (qui réalise 90 % du chiffre d'affaires dans la rénovation de logement), Albert Quénet évalue à
un cinquième le nombre d'emploi potentiellement impacté par cette augmentation. Au plan national, la Capeb redoute la disparition de 16.000 et 18.000 emplois dès 2014, 40.000 à terme.
« La TVA autominorée en 1997 avait créé 40.000 emplois immédiats. Comparaison n'est pas forcément raison, mais on peut penser que l'on va subir une hémorragie du même ordre», explique Albert Quénet qui prône un taux minoré à 5 % pour tout le secteur de la rénovation.



A cette crainte, s'ajoute une frustration. Nombre d'artisans du bâtiment ne pourront bénéficier du
crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi. Lequel donne droit à une réduction d'impôt sur la masse salariale des plus petits salaires. Or 202.000 artisans du bâtiment travaillent seuls en France, selon la Capeb, ce qui, de fait, les met à l'écart d'un dispositif imaginé pour pallier la hausse de la TVA
. « C'était la contrepartie. La moitié des artisans ne pourra pas en bénéficier. C'est totalement absurde ! », s'exclame Albert Quénet.



A cette revendication s'ajoutent des demandes récurrentes comme la suppression du régime des auto-entrepreneurs dans le secteur du bâtiment, exonérés de
cotisation foncière des entreprises et bénéficiant d'un régime plus favorable en terme de formation continue. Et aussi le manque de visibilité sur l'action gouvernementale. « On nous a parlé d'un plan de rénovation énergétique et de construction de 500.0000 logements par an. Mais avec quels moyens ? Nous n'avons aucune visibilité sur ce qui nous est promis».