Plus de 200 emplois et 27 entreprises installées au coeur de l'ancienne base aérienne de Francazal, avec en apothéose l'arrivée l'été dernier d'ATR qui y transfère son activité de maintenance... Sur cette zone de 250 hectares dotée de 7 hangars, la Setfa (qui regroupe SNC-Lavalin, l'Aéroport Toulouse-Blagnac et la CCI de Toulouse) investit 10 millions d'euros entre 2014 et 2019. La société a d'ailleurs augmenté son capital en juillet, de 15.000 à 150.000 ?. « Dans le contrat de concession, le projet de développement positionne Francazal comme le ballon d'oxygène de l'industrie aéronautique, pour maintenir Toulouse comme capitale de ce secteur », note Bertrand Bilger, président de la Setfa, « sans concurrence avec l'aéroport de Toulouse-Blagnac. »
Aéroindustrie et aviation d'affaires
Cela a été, reconnaît-il, « un vrai challenge d'attirer les entreprises », mais l'arrivée d'ATR « montre que cela marche ». Même si elle a dû faire face à une jolie ardoise laissée par la société Atlantic Air Industries, en liquidation, rachetée depuis par ASI Innovation. Aujourd'hui, il n'y a plus de hangars de libres mais « on peut construire 100.000 m² de hangars avion, idem en bureaux », précise Bertrand Bilger aujourd'hui en discussion avec plusieurs entreprises (locales et étrangères) désireuses de s'y installer. Si l'axe de développement aéroindustrie de cette zone a été conforté par l'arrivée d'ATR, celui qui porte sur l'aviation d'affaires met plus de temps à décoller. La compagnie aérienne privée JetCorp y est implantée avec un appareil qui opère deux à trois vols par semaine. « Les procédures d'approche sont opérationnelles depuis juin 2016, nous avons dû aussi étendre la tour de contrôle pour en faire un aérogare d'affaires, opérationnel depuis septembre », justifie Bertrand Bilger. Troisième étape à franchir, qui pose un vrai problème : le site doit avoir l'agrément " point d'inspection frontalier " (douanes et police). « Cela nous handicape, c'est un frein pour l'aviation d'affaires et pour les avions en maintenance qui arrivent de l'étranger. » Un problème connu de l'aviation civile, « aujourd'hui arbitré au niveau du ministère de l'intérieur », selon Florent Galoko, délégué aux restructurations de Défense pour l'Aquitaine et Midi-Pyrénées.
Etudes en cours sur le projet Village robotique & drones
Aujourd'hui, la Setfa travaille avec les collectivités et l'Etat pour développer Francazal dans sa totalité, affirme le président de la société. Où en est le projet de reconversion de la zone de 38 ha sur Cugnaux, au sud de Francazal ? Une étude avait établi fin 2015 la faisabilité du projet de village robotique et drones. Depuis, plusieurs actions sont menées en parallèle : Toulouse Métropole a lancé une étude sur l'impact faune-flore (de février à décembre 2016), et fait travailler depuis le 1er juin l'agence d'architecture et d'urbanisme François Leclercq sur l'intégration des quatre éléments du projet sur ces 38 ha (moyens mutualisés pour favoriser les rencontres, zone de test pour véhicules aériens et terrestres, pépinière d'entreprises et foncier). Un autre cabinet (CMN Partners) planche sur les potentialités de cette zone à reconvertir. Les résultats de cette double étude seront rendus fin novembre, avec la présentation à l'Etat d'un projet final en décembre. « Notre rôle à nous est de ne pas dupliquer, souligne Florent Galko, de bien répartir le retour économique de ce projet » qui concerne Cugnaux mais aussi Portet-sur-Garonne. Quelques pistes déjà qui préfigurent ce qui sera une " robotic valley " : un hôtel d'entreprises serait implanté sur la zone du Bois Vert à Portet (« La SPL Midi-Pyrénées Construction réalise une étude de faisabilité sur ce projet », déclare Thierry Suaud, maire de Portet). Sur les lieux d'échange, la vitrine du village, « nous attendons les résultats des études », affirme Florent Galko qui pointe du doigt la problématique du " qui va payer ". Quant au foncier, c'est aux collectivités de faire les yeux doux aux entreprises pour les attirer.
Zones d'essais pour drones à Francazal et Fonsorbes
L'installation indispensable de zones de tests est en pleine discussion : il existe déjà dans la zone exploitée par la Setfa deux espaces d'essais pour drones. « Il manque un espace pour des vols à longue élongation », regrette Christophe Lacaze, fondateur et gérant de Bonx, société basée à Francazal qui développe et produit des drones. « Nous étudions avec la Setfa la possibilité de faire voler les drones le long de la piste, sur 1.800 m² », annonce Florent Galko. Egalement en cours, le projet d'ouvrir aux drones l'espace aérien de Fonsorbes, qui appartient à la DGA. « Pour cela nous avons besoin de dialoguer avec une entité juridique qui fasse l'interface entre l'Etat et les constructeurs de drones », explique Florent Galko. Clairement visé, le cluster Robotics Place doit peut-être endosser une nouvelle dimension. « Nous avons lancé en septembre une étude sur la structuration du cluster Robotics Place financé par la Direccte pour établir notre charte graphique, les éléments futurs de communication et un positionnement qui correspondra à l'attente de tous nos membres », dévoile Laurent Latorse, président de Robotics Place.
Débuts des travaux fin 2017
Une chose est sûre : la vocation de ce pôle en devenir sur Francazal porte sur les véhicules du futur - pas seulement sur les drones. Avec une mise en oeuvre progressive, comme l'envisage Florent Galko. « On fera des macro-lots pour commencer dès l'an prochain : foncier pour la restauration, zone de tests des véhicules, installation d'entreprises... Les travaux pourraient commencer dès la fin 2017. » Des discusions sont déjà en cours avec des entreprises liées aux transports du futur, notamment hors région, qui envisagent de s'implanter dans cette futur " robotic valley ".
Les manifestations se multiplient sur Francazal : meeting aérien fin septembre, démonstrations de drones en octobre, un grand salon professionnel en 2017... Où en est le projet de village robotique et drones ? Quel 1er bilan pour la Setfa qui exploite le coeur de Francazal ?