45 % des entreprises du Puy-de-Dôme ont constaté une baisse de leur activité l’an dernier par rapport à 2023. Avec un recul supérieur à 10 % pour plus d’une entreprise sur 4. C’est ce qui ressort du baromètre de conjoncture publié dernièrement par la CCI Puy-de-Dôme Clermont Auvergne Métropole, qui a interrogé près de 500 entreprises du département.
Comme au niveau régional et national, le ralentissement économique, avec une consommation des ménages en recul et un pessimisme ambiant, affecte les chiffres d’affaires. Et les dirigeants puydômois ne sont guère optimistes pour l’année qui débute. 42 % expriment des craintes sur une nouvelle baisse pour 2025, quand 38 % anticipent une stabilité de leur activité.
Incertitude et manque de visibilité
Incertitude, manque de visibilité et de stabilité… Les entreprises du Puy-de-Dôme se montrent donc prudentes. Dans l’industrie et le commerce, une entreprise sur deux envisage de réduire ses investissements cette année. 23 % des dirigeants interrogés n’ont, d’ailleurs, pas investi l’an dernier.
"Nous sommes dans une période de trouble politique qui les plonge dans le doute et ce n’est pas un alibi. Les entreprises ont confiance en elles-mêmes mais la situation les empêche de s’élancer", analyse Claude Barbin, président de la CCI Puy-de-Dôme Clermont Auvergne Métropole qui dénonce trop de normes, de charges et d’impôts dans l’Hexagone. "Les entreprises sont à un moment de bascule", poursuit-il.
Pic de défaillances en 2024
Les trésoreries se sont dégradées notamment du fait de la baisse d’activité, de la hausse des salaires et des délais de paiement qui s’allongent, note, de son côté, la Banque de France. Conséquence : le nombre de défaillances d’entreprises (en redressement ou en liquidation judiciaires) est monté à près de 570 l’an dernier dans le Puy-de-Dôme. C’est 100 de plus qu’une année classique. Cela s’explique par un effet de rattrapage à mesure que les aides aux entreprises, votées au moment du Covid, s’estompent, mais aussi par une hausse des créations d’entreprises.
Les entreprises structurées de plus en plus touchées
"Le chiffre des défaillances n’est pas alarmant en soi. Ce qui nous inquiète plus, c’est que cela touche de plus en plus des entreprises structurées avec 20 ou même 50 salariés parfois", constate Guilhem Blanchin, directeur de la Banque de France Puy-de-Dôme. Malgré tout, petite note d’optimisme. Le ciel s’éclaircit note l’institution, avec la baisse de l’inflation et la nouvelle baisse (la cinquième) des taux d’intérêt.