Discrète, Euramold fournit pourtant des moules permettant la réalisation des bouchons de flacons des plus grands parfumeurs (L'Oréal, Guerlain, YSL...), mais aussi des barquettes et pots de snacking pour l'agroalimentaire, des rouleaux de scotch pour 3M... À son catalogue, la PME de Beaucé près de Fougères réalise ainsi une trentaine de moules par an, utilisés ensuite par le secteur de l'injection plastique. Ses clients sont à 80 % basés dans le Grand Ouest.
Cosmétique, agroalimentaire, aéronautique...
La filière cosmétique, à part égale avec l'agroalimentaire, représente 20 % du business d'Euramold, porté également par le bâtiment à 15-20 % (moules pour gouttières, scellés de compteurs, capots de chaudières...), l'automobile à 10-15 % (boutons de télécommandes), la connectique-aéronautique (15 %) et la sous-traitance à façon, pour Bic par exemple.
+ 30 % en 2015
Reprise en 2004 par Guy Versabeau et Jean-Pierre Halais, la société créée en 1985 connaît une belle croissance depuis. L'an dernier, son chiffre d'affaires a fait un bond de 30 %, à 2,3 millions d'euros. « Nous pouvons encore aller chercher + 5 % cette année et monter progressivement à trois millions d'euros avec deux à trois recrutements supplémentaires », souligne Guy Versabeau, dont l'entreprise rentable vient d'embaucher trois techniciens, des tourneurs-fraiseurs qu'il a dû mal à trouver. « Notre but est de recruter les meilleurs ! » Sur 18 salariés, 15 travaillent dans l'atelier à 100 % en commande numérique.
Investissements chroniques
Le dirigeant explique ce succès par les investissements réalisés au long cours, pour de l'usinage de haute précision. « Nous avons investi dans des équipements très performants depuis plusieurs années et cela paye maintenant. » En 2008, Euramold a investi 300.000 euros dans un centre de fraisage dur vertical, le faisant passer du 1/100 mm à 3 microns de précision. En 2012, une machine 4 axes à l'horizontal a été acquise pour 450.000 euros. Les derniers investissements concernent un centre de fraisage dur de plus grande capacité arrivé fin 2015 : 420.000 euros. Le mois dernier, c'était une machine de rectification plane de 120.000 euros, une potence de chargement et un compresseur d'air. L'entreprise a obtenu des aides de la Région et du Département. « Nous allons être à l'étroit... », prévient Guy Versabeau, qui déménagerait bien d'ici deux à trois ans « pour un bâtiment plus grand (1.500 m²), plus fonctionnel et climatisé ». Un futur projet à 1,5 million d'euros environ.
À Fougères, la société de fabrication de moules pour la plasturgie vient de s'équiper de nouveaux outils et d'embaucher. Elle sera bientôt à l'étroit...