«Ça paye pas», «ça peut être dangereux», «une bonne planque» ou encore «ça craint en société», voici les slogans que l'on pouvait lire sur les tee-shirts, les flyers lors du salon de l'étudiant lillois en janvier dernier. Cette campagne orchestrée par l'agence de communication lilloise, Quel Progrès, se voulait volontairement décalée. «L'idée était de marquer les esprits pour justement redorer le blason du métier de professeur et sensibiliser les jeunes», rapporte Dieudonné Davion, le directeur régional de l'enseignement catholique de Lille et annonceur de cette campagne de communication choc.
Un besoin de 200 postes
Alors que l'on annonce une suppression au niveau national de 1.162postes, «cette opération vise aussi à dire que nous devons néanmoins recruter de nouveaux professeurs du 1er et du second degré et encore lutter contre les idées reçues pour préparer l'avenir», ajoute Dieudonné Davion. En région, c'est un besoin de 200 titulaires qui a été formulé par l'académie pour la rentrée de septembre2011. Cette campagne de communication vise aussi à promouvoir les formations desservies par les instituts de formation pédagogique d'Arras et de Lille et notamment leur master d'enseignement. «Nous voulons atteindre le nombre de 300 inscrits l'année prochaine soit le double de la rentrée de septembre2010», concède le directeur régional. Et ce dernier d'ajouter: «Ces formations donnent évidemment accès à des postes d'enseignement au niveau de l'éducation nationale mais aussi à des postes de formateurs en entreprise.» La campagne de recrutements et de communication relayée sur le site web www.etreprofquandmeme.com et par les réseaux sociaux porte déjà ses fruits et va même plus loin que les objectifs fixés par la direction. «Nous avons des réactions positives des jeunes mais aussi des professeurs en activité qui sont heureux de cette tribune», confirme Dieudonné Davion.
Quand l'enseignement catholique décide de communiquer, il le fait de manière décaler. Retour sur une campagne de recrutements à contre-courant.